Charles Pasqua souhaite la levée du secret défense dans l'affaire de l'Angolagate.
- © AFP (Olivier Laban-Mattei)
Le jugement dans l'affaire de l'Angolagate est tombé mercredi. Le sénateur et ancien ministre Charles Pasqua a été condamné à un an de prison ferme, deux ans avec sursis et 100.000 euros d'amende pour "trafic d'influence".
Le tribunal correctionnel de Paris estime que l'ancien ministre de l'Intérieur est impliqué dans cette affaire de vente d'armes de guerre à l'Angola entre 1993 et 1998.
Charles Pasqua a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision. Les 35 autres personnes condamnées devraient faire de même.
Le sénateur continue de clamer son innocence, relevant des "coïncidences" entre son ambition présidentielle déclarée en 2000 et le début de ses "ennuis" judiciaires. Sans mettre explicitement en cause Jacques Chirac, qui souhaitait se représenter à l'époque, il demande aujourd'hui la déclassification des documents estampillés « secret défense»
Un secret très polémique
Charles Pasqua a affirmé sur France 2 que "le président de la République (de l'époque, ndlr) était au courant de l'affaire de ventes d'armes à l'Angola", ainsi que "le Premier ministre" et "la plupart des ministres aussi".
Il estime en outre qu'au nom de la transparence, le secret défense devrait être levé "sur tout", évoquant plusieurs affaires sensibles comme Clearstream ou les frégates de Taïwan.
Plusieurs députés socialistes, comme Jean-Christophe Cambadélis, Arnaud Montebourg, Claude Bartolone ou Manuel Valls, ont lancé une pétition pour soutenir la demande de l'ancien ministre de l'Intérieur. Edouard Balladur, premier ministre entre 1993 et 1995, va dans le même sens.
Hervé Morin, ministre de la Défense, a assuré jeudi qu'il suivra l'avis rendu par la Commission consultative du secret de la défense nationale. Mais il faut d'abord qu'un juge saisisse cette autorité pour lui demander de déclassifier des documents.
Et vous, qu'en pensez-vous? Faut-il lever le secret défense dans l'affaire de l'Angolagate? Faut-il déclassifier les documents relatifs à toutes les affaires de ventes d'armes?