Un collégien lit, le 22 octobre 2007, la lettre de Guy Môquet.
- © AFP (Olivier Laban-Mattei - Archives)
"Les enseignants ont un devoir, leur devoir c'est de faire leur métier (...) et donc d'obéir aux directives". Henri Gaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, s'était montré ferme: la lettre de Guy Môquet devait absolument être lue hier, jeudi 22 octobre, dans tous les lycées de France.
Cette déclaration faisait suite à la polémique autour d'une directive de 2007 prévoyant la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet, jeune résistant communiste fusillé par les nazis. Ce texte, défendu par Nicolas Sarkozy, avait provoqué à l'époque un tollé chez les enseignants.
On croyait depuis le sujet clos. Selon le Syndicat national des enseignements de second degré (Snes), de nombreux enseignants avaient choisi de "faire l'impasse" sur la lettre.
Rappel à l'ordre
Mais le ministre de l'Education nationale Luc Chatel s'est montré bien décidé à faire rentrer les réfractaires dans le rang. Il a demandé à Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire, d'adresser une lettre aux recteurs, "les intimant de rappeler leurs ouailles à l'ordre", comme le note Ladepeche.fr.
"Le métier d'enseignant n'est pas une profession libérale, mais une profession de fonctionnaire", a de son côté insisté Henri Gaino. "Il n'est pas indigne, au regard des lois de la République et des grands principes qui nous gouvernent, de lire la lettre de Guy Môquet".
Le Snes, principal syndicat enseignant, ne comprend pas "cette sortie". Un représentant syndical s'indigne dans les colonnes de La Dépêche du Midi: "Pour nous, c'est de la provocation. Nous avons du mal à imaginer quel dispositif peut s'organiser en 24 heures pour honorer cette commémoration. Et nous reposons la question: pourquoi cette lettre, plutôt qu'une autre?"
Et vous, qu'en pensez-vous? Etes-vous de ceux qui considèrent que les enseignants doivent obéir aux directives et lire la lettre? Au contraire, estimez-vous qu'ils ont raison de la boycotter? Ou considérez-vous qu'il y a plus important?