La récompense pour les lycéens qui s'impliquent est expérimentée à partir de lundi.
- © AFP (Jean-Pierre Muller)
Payer les lycéens qui s'impliquent dans un projet, c'est la dernière expérience en date tentée par l'académie de Créteil et Martin Hirsch, haut-commissaire à la jeunesse, pour lutter contre l'école buissonnière. A partir de lundi, 3 lycées professionnels de Créteil appliquent cette idée.
Pour le recteur de l'académie de Créteil, il s'agit de "responsabiliser les élèves". Dans les faits, il ne s'agit pas de donner de l'argent aux élèves mais de monter un projet collectif. Si les élèves jouent le jeu, la classe remportera une cagnotte de 10.000 euros maximum, une somme qui sera allouée pour un projet collectif du type voyage scolaire, permis de conduire, création d'une association.
Ainsi pour le haut-commissaire à la jeunesse qui a validé ce projet parmi les 165 proposés au Fond d'expérimentation pour le jeunesse, "on n'est pas dans une logique de cagnotte individuelle (...), pour que cela fonctionne, il faut une solidarité de groupe".
Réactions indignées
Et si l'idée est originale, les réactions hostiles ne se sont pas fait attendre. A commencer de la part de Philippe Meirieu, chercheur en sciences de l'éducation: "Payer pour obliger les élèves à aller en cours, c'est exonérer l'école de son travail d'intéresser les élèves."
Quant au président socialiste du conseil régional d'Ile de France, Jean-Paul Huchon, il s'inquiète des "risques" de ce genre d'expérimentations. "Loin de responsabiliser les élèves, la
mise en place de cagnottes collectives nourrira un sentiment
d'injustice entre les classes et les différentes filières de formation
avec un risque d'accroissement des violences."
De plus, il a ajouté que ce plan était inapplicable au niveau national pour des questions de budget car si on voulait généraliser ce projet, cela coûterait 58 millions d'euros par an.
Toutefois, si le test est concluant, l'expérience pourrait d'étendre à la moitié des lycées professionnels de l'académie.
Et vous, que pensez-vous de cette initiative? Est-ce la solution à l'absentéisme des élèves? Ou au contraire pensez-vous qu'il s'agit d'une mesure gadget?