Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin le 16 mai 2006 à l'Assemblée nationale à Paris.
- © AFP (Damien Meyer)
C'est le combat de deux titans de la politique - Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy - qui a commencé devant le tribunal correctionnel de Paris, qui juge depuis lundi le procès Clearstream. Jusqu'au 21 octobre, une vingtaine de témoins devraient comparaître dans ce qui constitue pour beaucoup le procès politico-financier de la décennie.
Sur le banc des accusés, Dominique de Villepin, ex-Premier ministre de Jacques Chirac, a "hâte d'en découdre", selon lemonde.fr. Il comparaît avec l'informaticien Imad Lahoud, le journaliste Denis Robert, l'ancien numéro deux d'EADS Jean-Louis Gergorin et Florian Bourges.
Mais celui vers qui tous les regards se tournent n'est pas là: il s'agit de Nicolas Sarkozy, l'actuel chef de l'Etat.
Pour Dominique de Villepin en effet, il n'y a pas de doute: il est "ici par la volonté et l'acharnement d'un seul homme" (le Président), relate le nouvelobs.com. Dominique de Villepin a même suggéré lundi, devant un parterre de journalistes à l'ouverture du procès, qu'il s'agit d'un "procès politique".
Dominique de Villepin et ses complices présumés sont accusés d'avoir falsifié des listings de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream afin d'écarter l'actuel président de la République de la course à l'Elysée.
Ces faux listings adressés à la justice imputaient à plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy "des opérations de corruptions de blanchiment issues de commissions illégales ou du produit du trafic de drogue", résume le site nouvelobs.com.
Un plaignant comme les autres?
Le président de la République, innocenté dès le début de l'affaire, n'a pas souhaité en rester là. Il fait partie des 40 parties civiles du procès, une première dans l'histoire de la République.
Excepté le débat judiciaire entre les experts du droit français pour savoir si oui ou non, un président est fondé à le faire, c'est la stratégie offensive du président qui interroge médias et politologues.
Stratégie largement soutenue par ses camarades de l'UMP qui les uns après les autres ont multiplié les déclarations de soutien. Jean-Pierre Raffarin a ainsi estimé que le président avait eu "raison d'aller sur le terrain du droit".
Et vous que pensez-vous de l'attitude de Nicolas Sarkozy? Estimez-vous qu'il en fait trop? Considérez vous qu'il a raison de poursuivre? Ou au contraire, que cela ne change rien?