Eric Besson, ministre de l'Immigration.
- © AFP - Lionel Bonaventure
Fin 2007, Brice Hortefeux, alors ministre de l'Identité nationale, faisait adopter une proposition de loi de Thierry Mariani (député UMP) hautement controversée. Désormais, selon le texte, les migrants candidats à l'installation en France au titre du regroupement familial devraient avoir recours à un test ADN afin de prouver leur filiation.
Après un débat houleux à l'Assemblée et des modification importantes, le texte avait finalement été adopté. Même à l'UMP des voix s'étaient élevées contre cette disposition. Ainsi la ministre Fadela Amara avait expliqué qu'elle trouvait ça "dégueulasse".
Finalement, les tests ADN ne seront pas pratiqués: sur l'antenne de Europe 1 lundi, Eric Besson, nouveau ministre de l'Immigration, a déclaré qu'il ne signerait pas les décrets d'application, expliquant que le texte n'était pas applicable en l'état.
Une loi inapplicable
Le ministre a expliqué que les consulats de France n'étaient pas équipés pour faire des tests biologiques: il n'y a pas de médecin dans les consulats. En outre, il pouvait y avoir un problème de confidentialité. Par ailleurs, le Sénat avait compliqué le texte, en ajoutant des conditions difficiles à interpréter.
Eric Besson a annoncé la décision après la polémique autour de Brice Hortefeux, accusé d'avoir proféré des propos racistes lors de l'université d'été de l'UMP.
Vous, qu'en pensez-vous? Est-il sage de renoncer aux tests ADN dans ces circonstances? Ou bien la loi, votée, aurait-elle dû s'appliquer?