Des élèves consultent les résultats du bac, le 7 juillet 2009, au lycée Kléber de Strasbourg.
- © AFP (Frédérick Florin)
Avec plus de 86% de reçus, le baccalauréat 2009 restera dans les annales. Le taux de réussite progresse de plus de 2 points par rapport à 2007 et 2008 (83,7%). De quoi réjouir élèves, parents, professeurs et ministre. Pourtant, ces résultats exceptionnels font aujourd'hui polémique.
Du côté du gouvernement, on se félicite. "C'est un excellent cru", s'est réjoui Luc Chatel, le nouveau ministre de l'Education nationale.
Mais est-ce réellement une bonne chose pour le système éducatif français? Avoir le bac en poche aujourd'hui ne donne plus aux jeunes l'assurance de pouvoir aborder l'enseignement supérieur avec sérénité. La sélection se fait plus tard, à l'université.
Dans ces conditions, certains se demandent ce que vaut encore le bac. Beaucoup pensent, à l'instar du journaliste du Figaro Yves Thréard, qu'il est un "chef d'?uvre en péril".
On ne touche pas à un symbole
Faut-il réformer le baccalauréat? Voire le supprimer? Le sujet, régulièrement remis sur le tapis depuis quelques années, reste malgré tout tabou. Il faut dire que le bac est une véritable institution en France.
Créé au tout début du XIXe siècle par Napoléon Ier, il a longtemps été un symbole de l'égalité républicaine française.
En 1985, le ministre de l'éducation Jean-Pierre Chevènement, avait formulé un objectif devenu célèbre: porter 80% d'une classe d'âge au niveau du bac. Un chiffre qu'on est loin d'avoir atteint, rappellent les défenseurs de l'examen national, puisque 66% d'une classe d'âge seulement a décroché son passeport pour l'enseignement supérieur cette année.
Enfin, pour expliquer le taux de réussite hors norme de cette année, certains évoquent des circonstances exceptionnelles: pour la première fois, les candidats au bac pro avaient droit à une épreuve de rattrapage.
Et vous qu'en pensez-vous ? A vos yeux, le bac a-t-il encore un sens?