Le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances Yazid Sabeg, le 7 mai à l'Elysée.
- © AFP (Eric Feferberg)
Y aura-t-il un jour en France des statistiques qui mentionnent le pays d'origine ou l'ethnie, comme aux Etats-Unis? Cette mesure est envisagée pour lutter contre les discriminations.
Le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances Yazid Sabeg a remis la semaine dernière son rapport sur la diversité au Président. Il suggère entre autre la mise en place de statistiques ethniques, sur la base d'enquêtes "anonymes et volontaires" qui interrogeraient sur le "sentiment d'appartenance" à une minorité.
C'est une proposition prudente, après la polémique déclenchée par le sujet au mois de mars.
En 2007, le Conseil constitutionnel s'était opposé à la création de statistiques ethniques. Il avait jugé que celles-ci étaient contraires à l'article 1 de la Constitution.
Le président Nicolas Sarkozy fera savoir en juin s'il décide de les autoriser.
Quelle utilisation?
D'un côté, de tels chiffres permettraient peut-être de construire une meilleure politique de la diversité. Pour leurs défenseurs, il s'agit d'un outil nécessaire face aux discriminations.
Mais les statistiques ethniques font peur. Sont-elles contraires aux principes républicains? Beaucoup craignent qu'elles soient un terrain fertile pour le communautarisme. D'autres se demandent quelle utilisation en sera faite par le gouvernement.
En mars un sondage de l'institut CSA pour l'Union des étudiants juifs de France et SOS Racisme indiquait que 55% des Français jugeaient les statistiques ethniques inefficaces pour lutter contre le racisme, l'antisémitisme ou les discriminations.
Et vous, qu'en pensez-vous? Pensez-vous que l'instauration de statistiques proposée dans le rapport Sabeg est souhaitable, problématique, insuffisante?