AFP/Archives (Alain Jocard)
- © Des personnes patientent à l'accueil de la 30e édition du printemps de Bourges, le 26 avril 2006.
Des chansons qui relatent une déception amoureuse, il y en a des milliers. Mais celle du rappeur Orelsan a tellement fait parler d'elle qu'elle a quasiment fini par diviser la France en deux. Il y a ceux qui la défendent et ceux qui la condamnent. L'objet de la polémique: ses paroles ultra-violentes.
Ce sont des sites internet et des associations féministes qui ont dénoncé en premier le texte de "Sale Pute", dans lequel un homme insulte et menace avec une violence extrême sa copine qui vient de le tromper. Le clip de la chanson, qui ne figure pas sur l'album du rappeur, est pour l'instant visible sur Internet.
Mais la Secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard a annoncé cette semaine son intention de saisir la justice pour qu'il ne soit plus diffusé sur le Net. D'après elle, cette chanson "appelle au meurtre".
Tribunal populaire
En réaction, plusieurs voix se sont élevées pour défendre Orelsan au nom de la liberté d'expression. Parmi elles, celle de la chanteuse Anaïs, qui a rappelé le "talent" et la "plume" du rappeur.
La polémique ne cesse d'enfler, et trois concerts du rappeur ont déjà été annulés par les organisateurs. Le Président du Conseil régional du Centre a demandé la déprogrammation d'Orelsan au Printemps de Bourges, mais le directeur du festival a refusé, estimant qu'il "n'avait pas à être complice d'un véritable tribunal populaire qui tente de se substituer à la justice dans un état de droit".
Entre respect de la liberté d'expression et lutte contre les propos incitant à la violence et au mépris des femmes, le débat est loin d'être simple. Mais au-delà, certains se demandent pourquoi cette chanson fait autant parler d'elle. Beaucoup considèrent que l'affaire n'est ni plus ni moins une récupération politique et médiatique.
Et vous, pensez-vous qu'il faille interdire "Sale Pute" ou qu'il s'agirait là d'un acte de censure? Avez-vous l'impression d'un acharnement et d'une récupération de l'affaire?