Le chanteur Cali signe une pétition pour supprimer le "délit de solidarité" à Paris le 8 avril
- © AFP (Martin Bureau)
Des milliers de personnes se sont symboliquement constituées prisonnières mercredi, devant les palais de justice de plusieurs villes de France. Leur faute: avoir aidé des sans-papiers, par exemple en leur apportant de la nourriture ou des vêtements.
Cette mise en scène visait à dénoncer le "délit de solidarité", et plus précisément l'article 622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers, qui dispose que toute personne ayant facilité l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger en France risque 5 ans de prison et 30.000 euros d'amende.
De nombreuses associations caritatives ont participé au mouvement, par exemple Emmaüs France, le Réseau Education sans frontières, le Secours catholique, ou encore la Cimade.
"Un mythe"
Les manifestants ont dénoncé plusieurs interpellations récentes, notamment celle d'un religieux alsacien de 78 ans qui a été placé en garde à vue parce qu'il "raccompagnait dans sa voiture, à la gare de Strasbourg, une famille de sans-papiers", rapportent Les Dernières Nouvelles d'Alsace.
La situation délicate dans laquelle peuvent se retrouver ceux qui font preuve de générosité envers des clandestins a été médiatisée déjà en mars avec la sortie du film Welcome, l'histoire d'un maître-nageur de Calais qui aide un jeune réfugié kurde.
Pour le ministre de l'Immigration Eric Besson, interviewé mercredi sur France Inter, ce délit de solidarité n'est qu'un "mythe": l'infraction ne concerne, explique-t-il, que ceux qui aident les passeurs. Mais les associations ne sont pas rassurées. Une proposition socialiste visant à changer la loi sera débattue fin avril.
Et vous, qu'en pensez-vous? Faut-il modifier la loi pour protéger les gestes solidaires? Ou estimez-vous qu'aider les sans-papiers, c'est forcément au final aider les passeurs? Comment porter assistance aux clandestins en détresse sans soutenir ces filières très lucratives?