Un détenu escorté par des gardiens le 10 février 2002 dans la prison de Guantanmo (Cuba).
- © AFP/Archives (Peter Muhly)
Accueillir d'anciens détenus de Guantanamo en Europe? La demande, qui émane du président américain Barack Obama, divise les membres de l'Union Européenne. Vendredi, Nicolas Sarkozy a confirmé que la France en accueillerait au moins un. Seuls quatre autres pays - l'Espagne, l'Italie, le Portugal et le Royaume-Uni - se disent prêts à faire de même.
Comme il l'a officiellement confirmé en janvier dernier, Barack Obama prévoit de fermer le camp américain de Guantanamo en janvier 2010. Hors de tout cadre juridique, ce centre de détention militaire situé sur l'île de Cuba retient prisonniers des "combattants irréguliers" capturés par l'armée américaine.
D'après le département de la défense américain, 241 personnes y sont encore détenues à ce jour. Parmi elles, 60 sont théoriquement autorisées à être transférés. Mais ces prisonniers dits "libérables" ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d'origine, puisqu'ils y sont menacés de persécution.
Une quinzaine de détenus pour l'Europe
C'est ce qui motive la demande de Barack Obama aux pays européens d'accepter une quinzaine de détenus au total, les Etats-Unis promettant d'accueillir eux-mêmes certains de ces prisonniers. Alors qu'ils étaient d'accord pour dénoncer cette "prison pour terroristes" qui échappait aux règles du droit international, les 27 pays de l'Union européenne n'ont pas réussi à parvenir à une réponse commune.
Les Européens s'accordent sur une chose: ils souhaitent connaître le profil des détenus concernés. La présidence tchèque a finalement annoncé que l'UE limitera son effort aux "personnes jamais condamnées pour crimes" et pourra restreindre leurs mouvements.
Mais les conditions d'accueil sont encore floues, notamment depuis que Nicolas Sarkozy a parlé d'accueillir un ex-détenu "pour le mettre en prison".
Pensez-vous que la France devrait bel et bien accueillir un ou plusieurs prisonniers afin d'aider les Etats-Unis à mener leur politique de démocratisation? Devrait-elle au contraire rester en dehors de tout cela? Ou bien accepteriez-vous l'idée à certaines conditions seulement?