Le 25 janvier 2009, rue de la Banque à Paris, des tentes sont installées par des familles de mal-logés.
- © AFP (Joel Saget)
Il n'y aura en France "plus de personnes mises à la rue [...] sans une solution de remplacement", a assuré la ministre du Logement Christine Boutin la semaine dernière. Une promesse lancée alors que l'échéance de la "trêve hivernale" des expulsions locatives prend fin ce lundi.
Dans un entretien publié par Le Parisien-Aujourd'hui en France jeudi, la ministre a précisé qu'il y aura désormais "obligation faite aux préfets de proposer une solution de relogement ou d'hébergement avant toute expulsion" pour les "locataires dans l'impossibilité de payer leur loyer".
Le projet de Christine Boutin s'appuie sur les dispositifs déjà en
place, mais aussi sur le principe de "médiation locative", un système
permettant à une association de se substituer à un locataire en
difficulté pour assurer le paiement de ses mensualités.
Et les propriétaires?
Considérée comme une "déclaration de bonnes intentions", la promesse a pourtant laissé sceptiques les principaux acteurs qui soutiennent les mal-logés. Ainsi Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre: "Plus d'expulsion sans enquête sociale, le Premier ministre nous l'avait déjà dit et à l'époque déjà une circulaire demandait aux préfets d'être vigilants. Ca n'a rien changé."
Pour la ministre, "mauvaise foi ou pas, [les locataires en difficulté] auront droit au moins à une solution d?hébergement."
Mais ce raisonnement irrite, comme le rapporte le chroniqueur Philippe Izard, du site mediaslibres.com. Pour lui, "c?est le contribuable de bonne foi qui paiera désormais les loyers de locataires de mauvaise foi."
D'après vous, la promesse de Christine Boutin est-elle crédible ou aberrante? Ne s'agit-il pas d'une man?uvre pour améliorer l'image du gouvernement sur le terrain social?