Elie Domota le 26 février 2009 à la table des négociations à Pointe-à-Pitre.
- © AFP/Archives (Lionel Bonaventure)
Le conflit entre l'Etat, le patronat et le LKP en Guadeloupe semble loin d'être réglé. Malgré les accords signés et la reprise du travail, les tensions sont encore vives. Elie Domota, le leader du collectif "union contre l'exploitation outrancière" (LKP), est poursuivi en justice pour avoir tenu des propos qui font polémique.
Le LKP exige toujours la généralisation de l'accord salarial sur l'augmentation pour les bas salaires, rejeté par le Medef.
Jeudi, Elie Domota s'est emporté publiquement en affirmant que les entrepreneurs qui refusaient cet accord devraient "quitter" la Guadeloupe et qu'il ne "laisser[ait] pas une bande de békés rétablir l'esclavage". Aux Antilles, le terme "béké" désigne les descendants des colons de métropole.
En réaction, le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête pour provocation à la haine raciale et tentative d'extorsion de signature.
Intimidation
Très vite, des voix se sont exprimées pour blâmer Domota ou au contraire prendre sa défense. Des deux côtés, on s'accuse d'intimidation. Laurence Parisot, présidente du Medef, reproche au LKP d'avoir recours à des menaces et des pressions.
Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer Yves Jégo a quant à lui regretté un "dérapage verbal inadmissible".
En retour, Elie Domota dénonce une "man?uvre d'intimidation judiciaire". Son avocat parle de "provocation" et le PS d'une "stupide logique de vengeance politique".
Après 6 semaines de grèves et de mouvements sociaux en Guadeloupe, en Martinique et à la Réunion, les crispations autour de cet incident indiquent que le projet de loi pour le développement de l'Outre-mer, qui doit être examiné au Sénat mardi, sera loin de faire l'unanimité.
Et vous, trouvez-vous justifiée l'action en justice contre Elie Domota? Ses propos vous semblent-ils appeler à la haine raciale? Ou n'est-ce qu'un incident qui tend à faire oublier les enjeux en Outre-mer?