Le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer à Bruxelles le 5 mars 2009.
- © AFP (John Thys)
La France doit bientôt réintégrer l'ensemble des structures de l'Otan, l'organisation politique et militaire qui réunit depuis 1949 les pays d'Europe occidentale et les Etats-Unis. C'est en tout cas le souhait de Nicolas Sarkozy, qui devrait l'annoncer début avril lors du Sommet du 60ème anniversaire de la création de l'Alliance à Strasbourg et à Kehl.
La France reviendrait ainsi dans le commandement militaire de l'Alliance atlantique, qu'elle avait quitté sur la décision du général de Gaulle en 1966.
Face aux vives critiques soulevées par cette idée, le Premier ministre François Fillon a proposé d'engager la responsabilité de son gouvernement le 17 mars devant l'Assemblée.
Le dossier est sensible, puisque c'est la deuxième fois seulement qu'il recourra ainsi à l'article 49-1 de la Constitution, qui peut entraîner la chute du gouvernement en cas de défaite au Parlement.
"Dérive atlantiste"
Pour le président de la République et l'équipe gouvernementale, retourner dans la structure militaire de l'Otan servira à développer le rayonnement international du pays, à renforcer la sécurité et à avoir une voix dans cette organisation que la France n'a finalement jamais vraiment quittée, puisqu'elle participe aux opérations militaires.
Mais de la gauche à certaines factions de l'UMP, on craint une atteinte à l'indépendance, une "dérive atlantiste" aux dépens de l'Union européenne, voire un alignement sur les positions des Etats-Unis. A tel point que le centriste François Bayrou parle de "défaite pour la France et l'Europe".
D'autre part, beaucoup regrettent que le débat soit d'ores et déjà "verrouillé" par le recours à l'article 49-1. Cette procédure va contraindre les députés UMP à suivre la position de Nicolas Sarkozy. C'est pourquoi le parti communiste réclame un référendum sur la question.
Et vous, êtes-vous plutôt favorable ou pas à la réintégration de la France dans le commandement de l'Otan? L'important est-il surtout l'organisation d'un débat voire d'un référendum?