Elie Domota, le leader du LKP, est surnommé par certains le "président" de la Guadeloupe.
- © AFP (Lionel Bonaventure)
C'est Nicolas Sarkozy qui le dit: après plusieurs semaines de conflit en Guadeloupe puis en Martinique, la question du statut des départements d'outre-mer "n'est plus taboue". "L'accès au régime d'autonomie", sur le modèle de la Polynésie française, ne peut plus être exclu pour les Antilles.
La question institutionnelle est finalement évoquée alors que le conflit est essentiellement social depuis l'origine. Il concerne le pouvoir d'achat et l'organisation économique de ces îles, notamment les situations de monopole dans la distribution.
Les négociations sociales doivent d'ailleurs se poursuivre ce lundi, notamment sur la question de
l'augmentation de 200 euros des bas salaires. C'est la revendication centrale du
LKP, le "collectif contre l'exploitation outrancière" à l'origine du
mouvement en Guadeloupe.
Une "racialisation du conflit"?
Le gouvernement a annoncé un effort à
ce sujet par le biais du RSA, le revenu de solidarité active et demande
désormais au patronat de "faire des propositions d'augmentations de salaires".
Mais le conflit prendra-t-il fin si cette revendication du LKP est satisfaite? Certains redoutent, d'autres espèrent, que le mouvement se poursuive et soit au final un pas
vers davantage d'autonomie pour les Antilles, voire une indépendance.
"Certains groupes autonomistes en profitent pour mobiliser leurs
troupes et tentent de faire passer leur message", constate Willy
Bracciano, envoyé spécial de France24 aux Antilles.
Il y a une "racialisation" du mouvement, déplore de son côté Victorin
Lurel, le président socialiste du Conseil régional de Guadeloupe,
interviewé sur Europe1. Dans les manifestations, des slogans comme "la Guadeloupe aux Guadeloupéens" se font entendre.
Et vous, qu'en pensez-vous? Les revendications institutionnelles sont-elles également au coeur de ce conflit ou non? Le mouvement pourrait-il aboutir à une évolution sur cette question?