Manifestation à Bordeaux, le 29 janvier 2009.
- © AFP (Jean-Pierre Muller)
La grande grève de jeudi 29 janvier contre le chômage et pour le pouvoir d'achat a rassemblé plus de 1 million de manifestants d'après la police, et même 2,5 millions selon la CGT. Dans toute la France, c'est à peu près autant qu'en 2006 contre le CPE.
Le mouvement aura été bien visible donc, comme pour démentir la phrase du président Sarkozy il y a quelques mois:"Quand il y a une grève en France, on ne s'en aperçoit pas."
Prévu de longue date, ce "jeudi noir" a vu défiler côte à côte salariés du public comme du privé, étudiants et chômeurs. Pourtant, les perturbations dans les transports en commun ont été moins conséquentes que prévues.
D'après les sondages de BVA pour Orange et L'Express et de CSA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, quelque 70% des Français soutenaient ou avaient "de la sympathie" pour ce mouvement.
Test syndical
Tout le monde s'interroge désormais sur la portée d'une grève d'une telle ampleur. Le succès ne peut en effet qu'être relatif.
D'un côté, la mobilisation a indéniablement été fédératrice et a illustré une grogne sociale évidente. De l'autre, on a des raisons de douter que ces défilés forceront un changement de cap. Pour l'instant, le gouvernement continue d'exclure toute relance par la consommation.
Les leaders syndicaux souhaitent qu'une initiative soit prise très rapidement par le gouvernement et que la réunion qui doit fixer l'agenda social 2009 soit avancée. Avec l'appui du Parti socialiste, ils espèrent notamment une hausse du Smic et des minima sociaux.
A votre avis, la grève d'hier sera-t-elle un succès ou bien, comme le prédit Etienne Mougeotte, directeur de la rédaction du Figaro, une action "inutile et coûteuse"? Ou bien pensez-vous qu'il serait temps de trouver d'autres solutions que les grèves et les manifs?