La ministre de l'Economie Christine Lagarde.
- © AFP (Eric Piermont)
Le président Nicolas Sarkozy a reçu à l'Élysée les dirigeants des principales banques françaises mardi soir. Parmi les sujets de discussion figurait la polémique grandissante sur les bonus versés aux patrons de grandes institutions financières.
Le chef de l'État et la ministre de l'Economie Christine Lagarde souhaitent que les banquiers abandonnent la "part variable" de leurs rémunérations sur les résultats de 2008. Ce geste serait un symbole fort alors que les banques ont bénéficié d'un soutien financier sans précédent de la part de l'État pour surmonter la crise.
Le "sacrifice" des bonus est présenté comme une condition préalable pour les établissements qui souhaiteront bénéficier de la seconde enveloppe, à débloquer par l'État à la fin du premier trimestre 2009.
Des dirigeants frileux
Les dirigeants de BNP Paribas ont renoncé à leurs bonus dès vendredi 16 janvier. Ils ont été suivis par ceux de la Société Générale et du Crédit Agricole. Mais au sortir de la réunion à l'Élysée mardi, les autres grands banquiers français rechignaient toujours à abandonner leurs primes.
Pour Georges Pauget, président de la Fédération bancaire française et du Crédit Agricole, l'ultimatum du gouvernement est inacceptable. Georges Pauget dénonce l'attitude interventionniste de l'État et rappelle que "toute interférence dans les décisions des comités de rémunérations est malsaine".
Cette attitude a été jugée irrecevable par le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, qui pourrait prendre la décision de "désigner" les dirigeants récalcitrants à l'"opinion publique".
Et vous, qu'en pensez-vous? Les banquiers doivent-ils renoncer à leurs bonus? L'État doit-il les y obliger? Ou croyez-vous que cela ne change rien?