L'opposition manifeste contre la loi de réforme de l'audiovisuel public.
- © AFP (Bertrand Guay)
Depuis quelques jours, les débats de l'Assemblée nationale sont l'objet d'un rapport de forces musclé entre la majorité et l'opposition. Pour contrer certains projets de réforme du gouvernement, les parlementaires socialistes multiplient les amendements afin de retarder le processus.
Le projet de loi sur l'audiovisuel public, adopté mercredi, aura nécessité 80 heures de débat. Les 600 amendements proposés par le camp socialiste auront laissé le temps aux parlementaires de s'échanger quelques amabilités parmi lesquelles "petite frappe" ou encore "tartuffe".
Le Premier ministre François Fillon a dû repousser le débat sur le travail dominical a la mi-janvier et à cette occasion, le phénomène devrait s'amplifier. A ce jour, plus de 4.000 amendements ont été déposés par l'opposition.
Certains sont ironiques: les parlementaires socialistes ont proposé l'interdiction de travailler le dimanche "aux salariés sportifs de haut niveau"...
Le droit d'amendement en question
Face à cette fronde des parlementaires socialistes, la majorité envisage de réformer le droit d'amendement. Un texte pourrait prévoir l'instauration d'un crédit temps par débat pour chaque parti.
Cette éventuelle solution a provoqué la colère de Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'assemblée. Il a fustigé la remise en cause de "l?un des droits les plus sacrés de notre démocratie".
Pour vous, le PS a-t-il raison de faire obstruction au débat? N'abuse-t-il pas du droit d'amendement au détriment de sa crédibilité? Le gouvernement peut-il limiter le droit d'amendement pour faire appliquer ses réformes?