Le député UMP Jean Leonetti, le 2 décembre 2008 à l'Assemblé nationale.
- © AFP (Pierre Verdy)
L'euthanasie ne sera pas légalisée en France. C'est ce qui ressort du rapport remis mardi au Premier ministre par la mission parlementaire sur la fin de vie.
C'est à la suite de l'affaire Chantal Sébire que le gouvernement avait chargé le député UMP Jean Leonetti, déjà auteur d'une loi de 2005 sur ce sujet, de présider cette mission parlementaire.
Chantal Sébire demandait qu'on l'aide à mourir en raison de sa tumeur incurable au visage; elle a finalement succombé après avoir ingéré des somnifères, au début de l'année. Le débat sur l'euthanasie avait alors été relancé en France.
Euthanasie passive ou active
Les spécialistes distinguent, d'une part, l'euthanasie active, qui consiste à injecter des substances entrainant la mort directe et, d'autre part, l'euthanasie dite passive; celle-ci fait référence à un dosage réfléchi ou à la décision d'arrêter les traitements, en opposition à ce qu'on appelle l'"acharnement thérapeutique".
L'euthanasie active est formellement interdite et le rapport Leonetti ne recommande pas de changer ce principe.
Finalement, après 8 mois de travaux et le recueil de 58 témoignages, la mission a décidé de ne proposer que des aménagements à la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades en fin de vie. Cette-loi réaffirmait la primauté donnée aux soins palliatifs et encadre l'euthanasie passive.
Pour Jean Leonetti, la dépénalisation de l'euthanasie ou du suicide assisté ?posent plus de problèmes humains et juridiques qu'elles n'en résolvent?. La mission propose en revanche l'instauration d'un congé d'accompagnement rémunéré et la création d'un Observatoire des pratiques médicales de la fin de la vie.
Qu'en pensez-vous? Jugez-vous que ces propositions sont adaptées, suffisantes ou au contraire excessives?