Le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Michel Boyon lors d'une conférence de presse, le 27 mars 2008 à Paris.
- © AFP (Mathieu Genon - Archives)
Allumez votre télévision, il y a de grandes chances que vous y voyiez apparaître un homme, blanc, exerçant une profession de cadre.
A en juger par les émissions de fiction et les informations, notre télé serait trop pâle, trop mâle et donc pas assez représentative de la société française. C'est ce qui ressort de la première étude menée par l'Observatoire de la diversité dans les médias audiovisuels. Des résultats jugés "inacceptables" et "intolérables" par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
Difficile diversité
L'étude ne s'intéressait pas seulement à la couleur de peau, mais aussi à la présence des femmes et des diverses catégories socioprofessionnelles. Quelques chiffres: les ouvriers ne représentent que 2% des personnages visibles à la télévision, contre 23% dans la société française. Quant aux femmes, elles sont sous-représentées alors qu'elles sont majoritaires au sein de la population.
Dans les films et les séries françaises, seulement 11% des personnages sont "non-blancs", contre 19% dans les fictions américaines. Et depuis la précédente étude réalisée en 1999, la visibilité des personnes de couleur dans les médias audiovisuels français n'a progressé que de 1%.
Au lendemain de l'élection historique de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, après la nomination d'un Préfet d'origine camerounaise, la question de la diversité ressurgit dans le débat français.
Comment veiller à ce que les groupes qui sont discriminés dans la société ne le soient pas aussi dans les médias?
Faut-il, selon vous, en passer par la discrimination positive? Ou bien juger uniquement sur le mérite? La France n'est-elle pas trop influencée par l'exemple américain?