Xavier Darcos le 22 octobre à l'Assemblée Nationale.
- © AFP (Stephane de Sakutin / Archives)
Veille ou surveillance de l'opinion sur Internet? C'est tout l'enjeu du débat autour de l'appel d'offres qui vient d'être lancé par le ministère de l'Education nationale. Un document officiel émanant de la délégation à la communication, intitulé "Cahier des clauses particulières - Objet: veille de l'opinion", a été révélé et circule désormais sur le Web.
"Identifier les thèmes stratégiques, décrypter les sources des débats et leur mode de propagation, repérer les leaders d'opinion, (?) analyser leur potentiel d'influence" : voilà entre autres ce qui figure au programme.
La veille devrait porter sur 15 thèmes définis et s'appliquer à une cinquantaine de sites influents: médias en ligne, sites commentant l'actualité, blogs et forums de discussion sur Internet.
220 000 euros par an
Le service d'information du gouvernement souhaite recevoir un rapport hebdomadaire de cette veille. Pour cela, le ministère de l'Education nationale prévoit de débourser 100 000 euros par an, et celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 120 000 euros, pour savoir tout ce qui se dit à son sujet sur le web.
Ce genre d'initiative n'est pas nouveau, que ce soit dans les entreprises privées ou dans d'autres ministères. Mais dans le contexte d'économies sur le budget de l'Education Nationale, de suppressions de postes et de défiance envers le ministre Xavier Darcos, la mesure est loin de faire l'unanimité.
Syndicats et enseignants craignent une ambiance à la "Big Brother vous regarde". Le gouvernement tenterait-il d'identifier les courants de pensée au sein du corps professoral pour mieux anticiper ses mouvements de grève?
Et vous, que vous inspire cette idée de veille d'opinion? Est-ce simplement dans l'air du temps ou bien abusif et dangereux? A moins que le projet soit irréaliste?