Le président français Nicolas Sarkozy au Parlement européen à Strasbourg le 21 octobre 2008.
- © AFP (Archives - Dominique Faget)
Président de l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année, Nicolas Sarkozy aimerait bien prolonger son action au sein de l'Union. C'est ce qu'il a laissé entendre cette semaine devant le Parlement européen en dévoilant son projet de constituer un "gouvernement économique de la zone euro".
Fort du succès de son plan de sauvetage des banques, le président français est d'avis que les chefs d'Etat et de gouvernement européens devraient se réunir régulièrement pour coordonner une politique économique commune plus adaptée à la crise financière internationale. Car pour lui, "la seule réunion des ministres des finances n'est pas à la hauteur de la gravité de la crise".
Jusqu'à 2010
En somme, il s'agit de rendre l'Eurogroupe - l'organe de coordination de la zone euro - plus fort. Mais cela reviendrait à bouleverser l'agenda de l'Union. Un argument de ce projet est que la république tchèque et la Suède, les
prochains pays à assurer la présidence tournante, n'ont pas adopté la
monnaie unique. Ils seraient mal placés pour parler au nom de l'Union dans la crise financière.
Et pour pallier cette difficulté, la France serait toute disposée à exercer la présidence de l'Europe jusqu'en 2010... Avant de passer le relais à l'Espagne.
Cette nouvelle idée du président français en exaspère plus d'un. A commencer, bien sûr, par les tchèques mais aussi l'Allemagne, qui a du mal à digérer l'hyper-dynamisme du président français.
Pensez-vous que les capacités d'action et de négociation de Nicolas Sarkozy en font un capitaine de la zone euro tout trouvé en cette période de crise financière? Trouvez-vous au contraire que ce projet est de nature à diviser l'Union européenne? Ou croyez-vous qu'il faut, au minimum, poser des conditions à ce projet?