Une pétition signée de 90 000 mains s'oppose à la mise en place de la base de données Edvige.
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Il porte un joli nom, mais son charme s'arrête là. Le fichier de renseignements policiers Edvige - Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale - est visé par plusieurs recours devant le Conseil d'Etat et dénoncé par une pétition qui réunit à ce jour plus de 90 000 signatures, au nom du respect de la vie privée.
Créé par un décret du 27 juin, le fichier Edvige est né du démantèlement, au début de l'été, des Renseignements généraux.
Constitué de données informatiques et d'archives papier, ce fichier géré par la direction centrale de la sécurité publique a été "rénové" : il concerne désormais à la fois les personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif" et les individus ou les organisations "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public".
Une société de surveillance
Pour préserver l'ordre public, les obédiences religieuses, penchants sexuels et convictions politiques seront inscrites sur la fiche des citoyens recensés.
Des mouvements de défense des libertés publiques comme la Ligue des droits de l'homme, des syndicats comme la CFDT, mais aussi des associations aussi différentes qu'Aides ou l'Union nationale des associations familiales (UNAF) fustigent ce fichage "abusif".
Dans une délibération du 16 juin, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a émis de sérieuses réserves au sujet d'Edvige mais l'essentiel du projet a été maintenu.
Vous, qu'en pensez-vous ? Les dangers de notre société sont-ils tels qu'une base de données comme Edvige devienne nécessaire ? Ce fichage ne serait-il pas plus légitime avec quelques assouplissements ? Ou est-ce le principe même, contre tout respect de l'intimité de chacun, qu'il faut repenser ?
Eléonor Le Bugle