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le baromètre politique
BVA Orange L'EXPRESS FRANCE INTER
Barometre du 16 mars 2010
2012 : Fillon préféré à Sarkozy
Au moment même où les électeurs le sanctionnent durement au premier tour des élections régionales, Nicolas Sarkozy enraye sa chute dans l'Opinion pour se stabiliser au-dessus des 40% de bonnes opinions. François Fillon le domine toutefois plus que jamais, non seulement en popularité, mais aussi en tant que leader préféré des Français pour porter les couleurs de l'UMP en 2012.
Difficile dès lors de croire que le Président pourra tenir longtemps sa posture de refus d'un remaniement de grande ampleur. Mais l'opposition ne doit pas trop " s'enflammer " et avoir la victoire (régionale) modeste : une majorité de Français pense que le PS ne ferait ni mieux ni moins bien que le gouvernement actuel s'il était au pouvoir. Petit encouragement tout de même à Martine Aubry : ceux qui pensent que le PS ferait mieux progressent sensiblement.
Nicolas Sarkozy s'était effondré en février, battant un record d'impopularité depuis août 2008 et l'avant-crise avec 56% de Français ayant une mauvaise opinion de lui en tant que Président et seulement 39% une bonne.
Paradoxalement au regard de ce premier tour électoral fâcheux, Nicolas Sarkozy enraye sa chute ce mois-ci, parvenant à se stabiliser en termes de mauvaises opinions et même à gagner 2 points de bonnes opinions (41%) ce qui lui permet de franchir à nouveau le seuil symbolique des 40%.
Même amélioration - moins relative - pour François Fillon qui regagne 2 points à 53% de bonnes opinions (après une baisse de 4 points le mois dernier) contre seulement 42% de mauvaises (+1 point).
Les Français ayant été interrogés juste avant le vote de dimanche, il n'est pas sûr que cette amélioration sensible de la popularité du couple exécutif ne soit rendue caduque dès le lendemain de notre enquête après le discours de déni de défaite tenu sur tous les plateaux par le Premier ministre et les différents représentants de la majorité.
Autre sujet de préoccupation pour le Président, le haut niveau de popularité de François Fillon, en niveau et surtout en comparaison avec lui (il le devance de 12 points) s'assortit d'une préférence désormais indéniable des Français pour le Premier ministre.
Lorsqu'on leur demande qui ils préfèrent comme candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2012, le résultat est sans appel : une majorité relative de 43% contre 29% de Français opterait pour François Fillon, soit un rapport auprès des personnes exprimant un choix (28% n'en font pas, évidemment surtout parmi les sympathisants de gauche) de 60% contre 40% en faveur du Premier ministre.
Certes, le potentiel électoral réel de l'un et l'autre doit en réalité surtout (uniquement ?) se mesurer auprès des sympathisants UMP, nettement plus légitimistes et qui privilégient clairement leur champion Nicolas Sarkozy (59% contre 31%). Mais le haut niveau de ceux qui citent tout de même François Fillon parmi eux souligne le désamour dont pâtit le Président auprès d'une proportion importante de son électorat.
Dès lors, si le revers électoral de dimanche dernier se confirme bien dimanche prochain, cette situation compliquerait singulièrement la tâche de Nicolas Sarkozy : si jamais celui-ci entendait finalement envoyer un signal fort à l'Opinion, il lui serait difficile, malgré ses démentis les plus formels, de s'éviter un remaniement ministériel d'autant plus fourni qu'il ne pourrait se servir du Premier ministre comme du classique fusible qu'il est sous la cinquième.
Les socialistes ont bien raison d'avoir la " victoire " modeste : les Français sont une nette majorité (46%) à penser que le PS ne ferait ni mieux ni moins bien que le gouvernement actuel s'il était au pouvoir.
Comme en 2004 (nous observions les mêmes tendances) ce résultat relativise singulièrement l'ampleur du triomphe électoral du Parti Socialiste en termes de vote d'adhésion quant à sa crédibilité nationale. C'est bien à la fois à un encouragement aux Présidents de régions sortants socialistes et à un désaveu du gouvernement auxquels nous avons assisté dimanche dernier, pas à un blanc seing pour Martine Aubry.
Celle-ci bénéficie tout de même sur cet indicateur d'une petite note d'encouragement : ceux, minoritaires, qui pensent que le PS ferait mieux (30%) que la majorité actuelle s'il était au pouvoir sont nettement plus nombreux que ceux qui pensent qu'il ferait moins bien (21%) et surtout sont de plus en plus nombreux (+3 points depuis novembre dernier).
GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA
Sondage réalisé par l'Institut BVA par téléphone les 12 et 13 mars 2010 auprès d'un échantillon de 950 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par régions et catégories d'agglomération.
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