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BVA Orange L'EXPRESS FRANCE INTER
Barometre du 26 janvier 2010
Sarkozy s'englue, Fillon s'envole dans l'Opinion
Juste avant son intervention télévisée sur TF1, Nicolas Sarkozy stagnait encore à de médiocres niveaux de popularité (43% de bonnes opinions) tandis que son Premier ministre, lui, s'envolait dans l'Opinion (+6 points avec 55% de bonnes opinions) pour retrouver ses records de popularité. Comme en plus les électeurs abordent les régionales en affirmant vouloir voter uniquement sur des enjeux locaux, il sera difficile au Président de répondre à un éventuel revers électoral par un changement de Premier ministre.
Au Parti Socialiste, deux personnalités ont désormais " fait le trou " dans la course à la présidentiabilité : DSK, qui fait toujours figure du super-recours façon Delors en 1995, et Martine Aubry qui poursuit sa progression et devance désormais Delanoë et Royal auprès des Français comme des sympathisants de gauche.
En pleine forme en ce moment, la première secrétaire doit cependant rester humble : son dépassement express de Delanoë et Royal doit bien plus à l'effondrement spectaculaire de ses deux rivaux (respectivement -8 et -5 points en six mois auprès des sympathisants de gauche) qu'à ses propres gains (+1 point) dans l'Opinion.
1) Dissociation encore plus marquée entre le Président et le Premier ministre : le premier s'englue dans l'impopularité (43% de bonne opinions) tandis que le second s'envole dans l'Opinion retrouvant son précédent record (55%) de popularité
Avec seulement 43% (+1 point) de bonnes opinions contre 53% de mauvaises (stable), le Président de la République semble englué dans l'impopularité depuis un an (41% contre 53% en février 2009). Au moins conserve-t-il toujours son socle électoral avec 80% de bonnes opinions auprès des sympathisants de droite. C'est sans doute à eux qu'il entend avant tout s'adresser ce lundi 25 janvier afin de limiter la casse, et donc, la remontée du FN, lors des prochaines élections régionales.
Sa situation est d'autant plus cruelle qu'elle n'est nullement partagée par son Premier ministre : tout va bien pour François Fillon qui gagne six points en janvier et retrouve ainsi son record de popularité avec 55% de bonnes opinions contre seulement 39% de mauvaises. Toujours jugé aussi peu comptable de la politique (notamment économique et sociale) menée par " son " gouvernement, le Premier ministre bénéficie vraisemblablement d'un élan de sympathie provoqué par sa grande dignité toute en émotion contenue lors des cérémonies organisées après le décès de son mentor, Philippe Séguin. Il est sans doute aussi soutenu par avance pour qu'il ne serve en aucun cas de fusible si le revers électoral annoncé pour l'UMP lors des prochaines régionales se concrétisait.
D'ailleurs, si Nicolas Sarkozy lui-même avait initialement et bien imprudemment voulu " nationaliser " ce scrutin régional, tel n'est pas l'objectif des Français : une écrasante majorité (56%) affirme qu'ils ne voteront " QUE " sur des enjeux locaux ; et ceux qui se positionneront avant tout en fonction de la politique Sarkozyenne le feront tout autant pour la sanctionner (20%) que pour la soutenir (18%).
2) Ça se précise à gauche : deux personnalités ont désormais " fait le trou " dans la course à la présidentiabilité, DSK et Aubry qui bénéficient tous deux du spectaculaire effondrement de Delanoë et Royal auprès des Français comme des sympathisants de gauche.
DSK fait plus que jamais figure de super-recours façon Delors en 1995. Présidentiable préféré des Français et des sympathisants de gauche (et de ceux du PS), il met son dauphin à 20 points auprès des premiers, et à 10 auprès des seconds.
Seul problème, sa posture de recours ne tient que si personne d'autre que lui ne s'impose au PS. Or, tel n'est plus le cas, Martine Aubry s'affirme de plus en plus et poursuit sa lente mais inéluctable progression dans l'Opinion, passant désormais devant Delanoë et Royal qui la devançaient encore il y a six mois.
Mais, si elle est indéniablement en pleine forme en ce moment, la première secrétaire doit cependant rester humble car son dépassement express de Delanoë et Royal doit bien plus à l'effondrement spectaculaire de ses deux rivaux qu'à ses propres gains (+1 point auprès des sympathisants de gauche) dans l'Opinion.
Bien que toujours populaire, mais apparemment plus dans la course, le maire de Paris a perdu depuis juin 7 points auprès des Français et 8 auprès des sympathisants de gauche passant ainsi auprès d'eux de la 2nde place (à seulement 5 points de DSK) à la 4ème derrière Aubry et Royal.
Bien que toujours, et même plus que jamais dans la course aux primaires, Ségolène Royal a perdu quand à elle 2 points auprès des Français et surtout 5 auprès des sympathisants de gauche. Cette baisse corrélée à une impopularité croissante née de son isolement politique la situe désormais à 15 points de DSK et à 5 points d'Aubry auprès des sympathisants de gauche.
Les choses se décantent donc, un peu au PS, même si un " revenant " semble progressivement se refaire une petite place dans le c?ur des sympathisants de gauche : l'ex-premier secrétaire, François Hollande, encore inexistant comme présidentiable en juin dernier profite d'une séquence médiatique forte pour enregistrer 3 points de gains auprès des Français comme des sympathisants de gauche. Passant de 4% à 7% de souhaits de candidature à la présidentielle la route sera toutefois longue pour lui dans l'Opinion, mais son " trend " est infiniment plus favorable que celui du marie de Paris ou de son ex-compagne.
GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA
Sondage réalisé par l'Institut BVA par téléphone les 22 et 23 janvier 2010 auprès d'un échantillon de 964 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par régions et catégories d'agglomération.
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