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Barometre du 17 novembre 2009

Un an après Reims, le PS stagne mais Aubry préférée à Royal

Plus que notre cote de popularité du Président de la République, qui se stabilise à un médiocre niveau, l'événement de notre baromètre en ce mois de novembre concerne l'opposition : à l'occasion de l'anniversaire des 1 an du congrès de Reims nous avons voulu tirer un premier bilan du regard que portent les Français sur le PS.
Celui-ci est sévère, sinon cruel : selon eux le PS ne va pas mieux qu'il y a un an, cela a plutôt stagné voire empiré.
En revanche, Martine Aubry est - pour le moment - toujours épargnée par l'opinion : un an après l'issue serrée et polémique de Reims, elle est nettement préférée à Ségolène Royal par les Français comme les sympathisants socialistes.
Elle profite aussi de l'impopularité chronique de Nicolas Sarkozy : les Français qui pensent que le PS ferait mieux que le gouvernement s'il était au pouvoir sont à présent un peu plus nombreux que ceux qui pensent qu'il ferait moins bien (la grande majorité pensant que cela ne changerait rien).
Pas mal, pour la première secrétaire d'un parti qui, selon les Français, ne va pas bien, ni même un peu mieux qu'avant.
C'est sans doute au tour de Martine Aubry d'apprécier l'adage biblique des mauvais sujets " quand je me considère je me désole, mais quand je me compare, je me console ", jusqu'alors fort employé, dit-on, par Nicolas Sarkozy.
La popularité de Nicolas Sarkozy se stabilise à un médiocre niveau tandis que celle de son Premier ministre se dégrade un peu, tout en restant positive
52% des Français ont une mauvaise opinion de Nicolas Sarkozy en tant que Président de la république en ce mois de novembre. Seulement 43% en ont une bonne opinion.
Ce niveau, assez stable par rapport à octobre, témoigne même d'une légère amélioration (+3) en indice (baisse de 2 points des mauvaises opinions, et hausse de 1 point des bonnes).
Sans être satisfaisante, cette situation n'est pas si mauvaise au regard de la difficile période que vient de connaître Nicolas Sarkozy depuis la rentrée avec une succession de polémiques internes comme externes à sa majorité.
A condition de ne pas réactiver les sujets de mécontentement, le Président pourrait même se satisfaire de se maintenir à ce niveau, nettement supérieur (+8 points) à celui qui était le sien avant la crise, d'ici aux élections régionales.
Son Premier ministre lui, baisse sensiblement (mauvaises opinions en hausse de 4 points) réduisant ainsi sa distance avec le Président, mais toujours populaire, il reste nettement préféré à ce dernier avec 48% de bonnes opinions (5 points de plus que Nicolas Sarkozy) contre 45% de mauvaises.
Difficile de savoir en revanche ce qui, dans sa baisse, relève de " la correction technique " et de son actualité récente, marquée notamment par sa volonté de reprise en mains de ses ministres, dont la très populaire Rama Yade.
En revanche, contrairement à ce que l'on dit beaucoup en ce moment dans les médias, l'exécutif ne souffre toujours pas d'une désaffection de son socle électoral de droite.
Les sympathisants de droite soutiennent le Président à 79% et le Premier ministre à 84%.
Un an après Reims, le PS ne va pas mieux selon les Français, mais s'ils devaient choisir entre les deux rivales d'hier, ils opteraient clairement pour Aubry plutôt que Royal
Martine Aubry est appréciée des Français, sa popularité progresse, sa cote d'avenir établie le mois dernier sur ce baromètre la place en 7ème position des personnalités politiques préférées des Français et au 2ème rang de celles préférées des socialistes, juste derrière Bertrand Delanoë.
Pourtant, Français et socialistes sont sévères sur l'état du Parti qu'elle dirige.
A l'occasion du bilan des 1 an du congrès de Reims une écrasante majorité (62% des Français comme des socialistes), estime que l'état du parti n'a pas changé et qu'il ne va " ni mieux ni moins bien " qu'avant Reims.
Plus fâcheux encore, les Français qui ont senti une évolution sont deux fois plus nombreux à estimer que les choses se sont encore dégradées plutôt qu'améliorées (22% contre 10%).
Le bilan " bonus-malus " est heureusement plus partagé parmi les socialistes : 18% pensent que les choses vont moins bien qu'il y a un an et 17% qu'elles vont mieux.
Il est évidemment indispensable à la première secrétaire de corriger cette image d'inertie de son parti, même si son image personnelle n'en est, pour le moment, pas trop affectée.
En revanche, Martine Aubry pourra se satisfaire en se comparant à ses rivaux de l'extérieur comme de l'intérieur.
Un an après les polémiques sur l'issue de Reims encore rappelées dans un récent ouvrage, une très nette majorité de Français et de sympathisants socialistes la choisiraient plutôt que sa rivale Ségolène Royal pour diriger le PS : elle la dominerait ainsi de 36% contre 25% auprès des Français et de 47% contre 33% auprès des socialistes.
Pour être plus explicite cela fait un rapport en opinions exprimées (comme lors d'un vote où l'on ne tient pas compte des abstentions et votes blancs et nuls) de 59% contre 41% en faveur de Martine Aubry, et ce, aussi bien auprès de l'ensemble des Français que des seuls sympathisants socialistes.
Et encore, notre terrain d'enquête terminé samedi n'a pu que très partiellement prendre en compte la récente polémique autour de Ségolène Royal s'invitant à Dijon.
S'agissant de l'extérieur du PS, Martine Aubry peut aussi faire sien l'adage biblique (" quand je me considère ... "). Bien que jugé en bien médiocre état, ceux qui pensent que le PS, s'il était au pouvoir, ferait mieux que le gouvernement sont désormais un peu plus nombreux que ceux qui pensent qu'il ferait moins bien (27% contre 22%).
Mais, bien entendu, et comme c'est toujours le cas depuis 2002, une majorité relative de Français (46%) pense surtout qu'il ne ferait " ni mieux ni moins bien ".
Mais améliorer ce rapport " mieux / moins bien " est tout à fait possible : en juin 2006 à un moment où le PS était plus populaire qu'aujourd'hui et où le tandem exécutif Chirac-Villepin était plus impopulaire que le couple Sarkozy-Fillon, 33% des Français contre 12% pensaient que le PS ferait mieux que le gouvernement s'il était au pouvoir.
Déjà, et malgré leur sévérité sur son état actuel, une majorité de sympathisants de gauche (44%) et surtout de socialistes (52%) pensent que la présence de leur parti au pouvoir aurait une incidence bénéfique sur la situation.
Voilà qui est finalement plutôt encourageant pour Martine Aubry à 3 mois des régionales.

GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA

Sondage réalisé par l'Institut BVA par téléphone les 13 et 14 novembre 2009 auprès d'un échantillon de 982 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par régions et catégories d'agglomération. d'agglomération.

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