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Barometre du 22 septembre 2009

Le sondage du 22/09/09

Toujours majoritairement impopulaire (49% de mauvaises opinions contre 47% de bonnes) et moins apprécié que son Premier ministre (47% contre 50%), le Président réalise la performance de ne pas sortir affecté d'une année de crise, se situant en septembre 2009 exactement au même niveau qu'en septembre 2008.
Autre bonne nouvelle pour lui en cette semaine marquée par le procès Clearstream et le come-back de Dominique de Villepin dans les médias : les Français ne croient pas (56% contre 31%) que son ex-grand rival ait un avenir politique.

Pas sûr pourtant que les choses ne se dégradent pas dans les mois à venir pour Nicolas Sarkozy : un an après la chute de Lehman, les Français, qui jugent que le gouvernement en fait un peu trop sur la grippe A, estiment très majoritairement (77%) que l'on n'a pas réussi, même " un peu " à moraliser le capitalisme. Ils confirment ainsi le sévère bilan que nous enregistrions la semaine dernière sur le bilan de la politique économique du gouvernement* (59% d'impopularité et mauvais emploi de l'argent public à 65%).

1- Nicolas Sarkozy peut doublement se réjouir de notre baromètre de septembre : les Français ne croient pas en l'avenir politique de son rival, Dominique de Villepin, tandis que lui, se sort pour l'instant sans dommage d'une année de crise, se situant aujourd'hui exactement au même niveau d'impopularité (47% contre 49%) qu'il y a un an après la faillite de Lehman.

Première bonne nouvelle pour le Président : en cette semaine marquée par le procès Clearstream et le come-back de Dominique de Villepin dans les médias, les Français ne croient pas (56% contre 31%) que son ex-grand rival ait un avenir politique.
Bien sûr, ce pronostic des Français, qui n'est pas un souhait, n'a aucune valeur prédictive.
Bien sûr aussi, il suffirait qu'un Villepin candidat à la présidentielle fasse dans un an le tiers de ce score sur une intention de vote pour que la panique gagne l'Elysée.
Pour l'heure, Nicolas Sarkozy retiendra simplement qu'avant le procès Clearstream son ennemi intime est donné perdu pour la politique par une majorité de Français et par autant de sympathisants de droite que de gauche (32%).

Deuxième bonne nouvelle pour le Président : sa popularité se situe au même niveau aujourd'hui qu'il y a un an, en septembre 2008 après la faillite de Lehman Brothers marquant le début de la crise.

Même s'il reste impopulaire (49% contre 47%), Nicolas Sarkozy progresse (+2 points) par rapport à juin et démarre cette rentrée un peu plus populaire qu'il ne l'était avant l'été.

Attention cependant à l'effet d'optique, notre baromètre ayant été muet durant l'été, le gain de 2 points constaté entre septembre et juin écrase en réalité un double mouvement inverse, d'abord haussier en juillet après le malaise vagal du Président, puis baissier depuis la rentrée (c'est en tout cas ce qu'ont enregistré certains confrères réalisant des mesures en juillet-août).
Jugé moins responsable, positivement ou négativement, de la situation économique et sociale, le Premier ministre, lui, reste remarquablement stable autour des 50% depuis avril dernier (51% en avril ; 50% en septembre).
Sur le temps long, Nicolas Sarkozy aura surtout réussi à traverser cette année de crise sans trop d'encombres : Après avoir paradoxalement bondi grâce à la crise (+12 points à 47%) en septembre-octobre 2008, la cote du Président est retombée à 41% début 2009 avant de remonter continûment tout au long de l'année (43% en mai, 45% en juin, 47% en septembre) pour retrouver aujourd'hui son niveau d'il y a un an en septembre 2008.
Dans le détail aussi, les structures de soutien et de rejet du Président n'ont que peu évolué en douze mois : toujours aussi soutenu par les seniors (57% de bonnes opinions auprès des plus de 65 ans aujourd'hui contre 60% en septembre 2008), les hommes (50% et 51%) et les sympathisants de droite (82% aujourd'hui, 73% il y a un an), Nicolas Sarkozy est toujours aussi peu apprécié par les sympathisants de gauche (27% et 24%), les salariés du secteur public (36% et 34%), les femmes (45% et 44%) et les professions intermédiaires (44% et 45%).

2 - Plus inquiétant pour le Président, les Français sont toujours aussi sceptiques sur le fond, concernant l'efficacité des actions entreprises : les ¾ d'entre eux estiment ainsi que l'on n'a pas réussi, même " un peu " à moraliser le capitalisme.

La semaine dernière notre baromètre économique nous indiquait déjà que, si les Français avaient apprécié cette année la réactivité à chaud de Nicolas Sarkozy face à la crise (52%), ils étaient très sévères quant à l'efficacité des mesures prises : 59% jugeaient mauvaise la politique économique, 65% estimaient que l'argent public avait été mal employé pour résoudre la crise et 58% que les sommets internationaux comme les G20 n'avaient pas changé grand-chose à la crise.
Cette fois, les choses sont dites encore plus clairement quant à leur appréciation globale : plus des trois quarts (77%) jugent qu'après une année de crise et de sommets internationaux, on n'a pas réussi à moraliser même " un peu " le capitalisme.
Ce jugement sans appel est partagé par toutes les catégories de population, particulièrement parmi les actifs, et plus encore auprès des catégories dites supérieures (81%).
Même les sympathisants de droite (65%) et ceux qui apprécient Nicolas Sarkozy (62%) partagent ce jugement.
Comparé à l'excès de zèle prêté par beaucoup au gouvernement quant à son action face à la grippe A (47% pensent que le gouvernement agit de façon excessive, 15% de façon insuffisante et seulement 35% de façon bien équilibrée), l'inefficacité perçue de l'exécutif, dans un domaine largement investi par le volontarisme du Président est pour le moins fâcheux, surtout à quelques jours du G20 de Pittsburgh et à l'orée d'un dernier trimestre politiquement redoutable.

Ajoutée à l'effet ciseau qui s'annonce pour ce dernier trimestre - poursuite de la hausse du chômage au moment ou explosent les profits du CAC 40 (déjà +40% en six mois) - cette inefficacité perçue sur le plan économique et social pourrait bien avoir des conséquences lourdes sur la cote de popularité de l'exécutif d'ici à la fin de l'année.

GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA

Sondage réalisé par l'Institut BVA par téléphone les 18 et 19 septembre 2009 auprès d'un échantillon de 966 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par régions et catégories d'agglomération.

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