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le baromètre politique
BVA ORANGE L'EXPRESS
Barometre du 14 octobre 2008
Le sondage du 14/10/08
Résistance de l'image de Nicolas Sarkozy.
Au c?ur de la tourmente financière, les interviews ayant eu lieu au terme d'une semaine marquée par la chute historique du CAC 40 (- 22% en cinq jours), la cote présidentielle, en recul dans l'opinion, manifeste une assez bonne résistance. Sans présumer de l'impact du plan de sauvetage bancaire annoncé à la sortie du Conseil des ministres extraordinaire, les données recueillies les 10 et 11 octobre montrent que Nicolas Sarkozy conserve la confiance de nombreux Français.
Avec 43% de bonnes opinions contre 54% de mauvaises, le Président de la République voit sa cote baisser de 4 points, ce qui est loin d'annuler la hausse de douze points constatée durant l'été. Ce recul s'observe d'abord parmi les sympathisants du Modem (32%, soit - 7 points en un mois) et parmi les personnes appartenant à des ménages aisés. Au-delà de ces deux catégories, on ne perçoit pas de creusement des clivages socio-démographiques affectant son image, ce qui ne manquerait pas de survenir si le désordre financier aboutissait à une crise de ce qu'il est convenu d'appeler l'économie réelle.
Le chef du gouvernement paraît davantage affecté dans l'opinion par les avanies financières et les préoccupantes perspectives budgétaires. Bénéficiant à la rentrée d'un écart positif de 18 points entre bonnes et mauvaises opinions, il voit celui-ci se réduire brusquement à 5 points. La baisse de la cote de bonnes opinions pour François Fillon est particulièrement nette parmi les ouvriers (- 12 points) et les jeunes (- 19 points). Ne bénéficiant de la centralité institutionnelle de Nicolas Sarkozy, qui le protège paradoxalement en situation de crise extrême, le Premier ministre pâtit d'être davantage associé aux efforts susceptibles d'être prochainement demandés aux citoyens.
Ségolène Royal revient dans la course.
Très sensible à l'actualité, la cote d'influence de Ségolène Royal connaît ce mois-ci un brusque rebond - + 9 points parmi les sympathisants de gauche - qui lui permet de regagner une part du terrain perdu face à ses deux principaux rivaux au sein du Parti socialiste. Parmi les seuls sympathisants socialistes, la cote d'influence de l'ancienne candidate à la présidentielle est de 63% (+ 8 points), celle de Martine Aubry de 67% (+ 6 points) et celle de Bertrand Delanoë de 71% (- 4 points). La spirale négative affectant depuis quelques mois l'image de Ségolène Royal est donc cassée, ce qui contribue à rendre le jeu très ouvert pour le prochain congrès du Parti socialiste. Si la présidente de la région Poitou-Charentes recule parmi les cadres supérieurs (- 5 points) elle progresse parmi les jeunes (+ 20 points). Ce rebond de popularité pourrait laisser penser que sa réunion publique controversée du Zénith a eu un effet décisif, et qu'est validé son discours sur une nouvelle façon de faire de la politique. Une telle interprétation mériterait d'être relativisée d'une part en raison de la très grande exposition médiatique de Ségolène Royal en général au cours de ces dernières semaines, et d'autre part du fait du contenu classiquement social de nombre de ses récentes interventions.
A l'inverse, l'évolution de la cote d'influence d'Olivier Besancenot se prête à une explication univoque. L'impact de la polémique autour des propos et de la réincarcération de Jean-Marc Rouillan est d'autant plus net que la popularité du porte-parole de la LCR avait atteint un niveau sans rapport avec l'audience des idées de ce parti. Il recule de 5 points parmi les sympathisants de gauche, ce qui ne l'empêche pas de demeurer en troisième position, un point devant Ségolène Royal. Si une baisse dans les sondages n'implique pas que telle prise de position soit une faute politique - le rappel de certaines références idéologiques minoritaires permettant de renforcer la cohésion d'un groupe -, il est cependant patent que la personnalité la plus populaire de l'extrême-gauche ne bénéficie pas pour l'heure des difficultés du capitalisme financier.
En cette actualité dominée par les mouvements sur les marchés financiers, il est à noter que la plupart des personnalités politiques testées voient leur cote d'influence stagner ou baisser, comme si, en deçà du Président de la République, la portée de leur intervention semblait faible aux yeux de l'opinion publique.
Le prisme du pouvoir d'achat prévaut encore.
Le catastrophisme des commentaires générés par l'actuelle crise financière et l'incertitude pesant sur les perspectives de croissance comme de construction budgétaire ont eu pour effet politique immédiat de faire cesser la polémique sur les promesses de campagne de celui qui avait été présenté comme le " candidat du pouvoir d'achat ". Pourtant, si la gravité même de la situation présente quelques avantages pour la position du chef de l'Etat dans l'opinion, il est remarquable que le thème du pouvoir d'achat n'a pas disparu des esprits, focalisant même les craintes des Français (49%), très loin devant les trois autres domaines suggérés. Malgré la forte hausse du chômage au mois d'août et les perspectives peu encourageantes sur ce sujet, seuls 19% des salariés cite leur emploi comme leur principal sujet d'inquiétude personnelle liée au développement de la crise financière.
Il est donc probable que les événements économiques en cours n'ont pas encore produit tous leurs effets, ni même les principaux, en termes d'opinion. De ce point de vue, les jugements de valeur portés sur l'action de Nicolas Sarkozy face à la crise sont à l'évidence très contingents.
Jérôme Sainte Marie - Directeur associé de l'Institut ISAMA
Sondage réalisé par l'Institut BVA par téléphone les 10 au 11 octobre 2008 auprès d'un échantillon de 959 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par régions et catégories d'agglomération.
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