Langues régionales: le chemin de croix parlementaire se poursuit

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Des manifestants défilent à Toulouse pour défendre l'usage de l'occitan, le 31 mars 2012

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AFP, publié le jeudi 01 décembre 2016 à 19h06

Langues régionales: le chemin de croix parlementaire se poursuit

Le chemin de croix parlementaire de la promotion des langues régionales, un des engagements de François Hollande, se poursuit avec l'échec de l'Assemblée à finir l'examen d'une proposition de loi PS, qui n'a aucune chance d'être définitivement adoptée d'ici la fin de la législature en février.

Bretons, Alsaciens, Basques ou Catalans s'étaient encore mobilisés mercredi soir à l'initiative de 143 PS et écologistes réformistes pour "donner un socle juridique sans ambiguïté" aux langues régionales, dont la promotion par les collectivités locales se fait actuellement sans réel cadre légal, à la merci des tribunaux.

"Il s'agit de donner aux langues régionales de notre pays les moyens de ne pas s'éteindre", a plaidé la rapporteure, Annie Le Houerou. "Le nombre total de personnes capables de s'exprimer dans ces langues a été divisé, entre les générations nées dans les années 1930 et celles nées dans les années 1980, par deux pour le basque, par trois pour l'alsacien, par dix pour le breton", selon cette élue PS des Côtes-d'Armor.

Cette proposition de loi se voulait la dernière chance d'avancer, suite à l'enterrement il y a un an par le Sénat, à majorité de droite, de la proposition de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Ce texte, traduction d'un engagement du candidat Hollande, avait pourtant été largement approuvé à l'Assemblée.

Mais sur ce sujet passionnel faisant resurgir à droite comme à gauche des clivages entre jacobins et régionalistes, les députés n'avaient examiné que quatre des sept articles du texte mercredi lorsque la séance a été levée à 01H00 du matin. 

Cette première lecture ne sera reprise que lors de la prochaine "niche" socialiste, le 30 janvier, a-t-on indiqué au groupe PS. Cela sera un mois avant la fin de la session pour cause d'élections, rendant impossible une adoption définitive, surtout avec un Sénat hostile.

De quoi conforter le député LR des Côtes-d'Armor Marc Le Fur, quoique favorable à "cette avancée minime", dans son idée d'un "opportunisme" pour "sauver les soldats socialistes en Bretagne".

- 'Désaveu cinglant' -

Le groupe LR, lui-même divisé, n'a pas manqué d'ironiser sur l'opposition gouvernementale au texte, y voyant "un désaveu cinglant" pour la majorité. 

Estelle Grelier, secrétaire d'Etat aux Collectivités territoriales, a souhaité dans l'hémicycle qu'"on en reste là en matière législative" sur les trois principaux points du texte: enseignement, signalétique, médias.

Elle s'est notamment opposée à l'article posant le principe d'une reconnaissance de l'enseignement bilingue français-langues régionales, "quelle que soit la durée des enseignements dans ces deux langues".  

Il s'agit en l'occurrence d'une reconnaissance des formes d'enseignement "immersif" des langues régionales, comme les écoles Diwan en Bretagne qui affichent, selon Mme Le Houerou, "des résultats supérieurs de près de 10% aux moyennes nationales tant pour la maîtrise du français mesurée en CM2 que des taux de réussite au brevet et au baccalauréat".

Mais, pour Estelle Grelier, dans l'enseignement "où un grand nombre de dispositifs existent déjà", notamment au collège, "la loi est allée jusqu'au bout de ce qu'il était permis". 

"Le Conseil constitutionnel a déjà eu l'occasion de se prononcer sur l'enseignement par immersion", s'appuyant sur l'article 2 de la Constitution proclamant que "la langue de la République est le français", a-t-elle souligné. 

Le Conseil d'État en a déduit que "l'enseignement à parité horaire en langue française et en langue régionale était la limite extrême de ce qui peut être fait dans le service public", a observé la secrétaire d'Etat.

Quant à l'article proposant que la presse en langue régionale soit éligible aux mêmes aides que celle en langue française, elle a objecté que "cela existe déjà".

Le texte prévoit enfin, à la demande de la région, la généralisation sur tout ou partie de son territoire de la signalétique bilingue ou plurilingue dans les services publics et l'usage de traductions dans les principaux supports de communication institutionnelle. 

 
15 commentaires - Langues régionales: le chemin de croix parlementaire se poursuit
  • Et la promotion du Français à l'école ce serait bien.

  • Langues régionales ? Il faudrait avant tout que tous les petits Français apprennent à s'exprimer correctement dans la langue nationale de leur pays, à l'écrit comme à l'oral. Qu'ils possèdent, à la fin de leur cursus scolaire, un minimum de vocabulaire pour traduire avec précision leurs pensées, leurs sentiments et être capable de se faire comprendre par leurs concitoyens.

    Vous avez dit à l'oral comme à l'écrit. Pour votre info, "capable" dans votre texte prend un S...

  • c'est grace aux langues régionales que il y a quelques siècles L'Inde que l'on appelait Les Indes ont pu se voir inclure des pays comme le Pakistan et ce qui est devenu le Bengladaesch..
    Mercie les écologistes des langues communotaires qui divisent pour favoriser la religion du vert.

    C'est aussi a vouloir absolument faire cohabiter, de force, qu'il y a un tel cirque, dans se qu'il y a quelques siècles ont appelait l'orient !

  • la France est classée dernière en langue..c'est à dire en Anglais..Allemand..ect...

    et bien pour passer au 1er rang nous allons apprendre le breton...l'auvergnat...le niçois...

    c'est certainement là que se trouve l'avenir de nos jeunes..

    figurez vous que justement le breton est un véritable tremplin pour l'anglais et l'allemand. Ses langues ont la même origine, et le breton en est beaucoup plus proche que du francais.

  • Et pendant ce temps là, on prône la mobilité des français pour coller au marché de l'emploi; J'ai, au cours de ma carrière vécu dans 6 régions françaises différentes, avec chacune une langue régionale différente. Je me voyais mal imposer à mes enfants d'apprendre cette langue. J'ai préféré les encourager à étudier les langues étrangères et cela leur a été bénéfique.
    Que l'on commence par apprendre un français correct à nos enfants. Après, et en dehors de l'éducation nationale et aux frais des associations locales, que l' on enseigne des langues régionales ne me dérange pas. Mais par pitié que l'on ne nous les impose pas !
    J'ai apprécié dans chaque région où j'ai vécu des locutions ou des phrases qui en faisaient le charme, mais pour moi cela s'arrête là.

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