Éducation : vers un bonus pour les enseignants méritants ?

Éducation : vers un bonus pour les enseignants méritants ?

L'évaluation aléatoire des professeurs ne devrait plus être aléatoire à partir de 2017 (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 15 septembre 2016 à 13h42

Selon RTL, le système d'évaluation des enseignants va être remis à plat à l'horizon 2017. Comme demandé par les syndicats, l'évaluation aléatoire va être remplacée par quatre examens au cours de la carrière du professeur qui détermineront les augmentations salariales.

Celles-ci qui pourraient être conséquentes : les enseignants les mieux notés pourraient obtenir une hausse de salaire équivalente à un troisième mois.

A sept mois de la présidentielle, le gouvernement multiplie les coups de pouce aux enseignants de l'Éducation nationale. Après les primes et revalorisations salariales annoncées fin mai, le ministère de l'Éducation prévoit cette fois de modifier entièrement le système d'évaluation des enseignants et de tous les loger, désormais, à la même enseigne. Selon un document de travail du ministère de l'Éducation nationale, que s'est procuré RTL, tous les professeurs seront évalués quatre fois au cours de leur carrière : au bout de 8 ans, 12 ans, 20 ans et 30 ans d'ancienneté.

UN SYSTÈME PLUS LISIBLE ET PLUS JUSTE ?

L'enseignant recevra un courrier à son domicile pour lui indiquer la venue d'un inspecteur dans sa classe. Ce dernier passera au moins une demi-journée avec lui. Une grille d'évaluation unique de tous les enseignants devrait également être proposée, même si selon la radio "les négociations sont toujours en cours à ce sujet". L'enseignant devrait être noté sur plusieurs critères : "maîtriser les savoirs disciplinaires", "évaluer les progrès et les acquisitions des élèves", "coopérer au sein d'une équipe" et "avec les parents d'élèves". Dans les collèges et lycées, le proviseur devra lui aussi donner son appréciation.

Au terme de cette évaluation, l'inspecteur pourra cocher la case "à consolider", "satisfait", "très satisfaisant" ou "excellent". Après la première inspection (au bout de 8 ans), les meilleures appréciations conduiront à une augmentation pouvant s'élever jusqu'à 1.200 euros par an. Lors de la deuxième inspection (au bout de 12 ans), les mieux notés auront un bonus de 2.100 euros par an, ce qui représente presque un treizième mois.

Cette décision est saluée par les syndicats : "C'est une bonne nouvelle", a expliqué sur RTL Christian Chevalier, secrétaire général de l'Unsa. "On s'oriente vers un système plus juste, plus équitable, plus transparent et plus lisible pour les enseignants". Mais pour d'autres, le mode d'évaluation reste flou : la secrétaire générale du Snes-FSU, Frédéric Rollet, explique qu'il est "difficile de départager par exemple, les 30% d'enseignants les mieux notés quand parfois les différences se jouent à une case 'très bien' par rapport à une case 'bien'".
 
45 commentaires - Éducation : vers un bonus pour les enseignants méritants ?
  • Ceux qui proposent cette loi auront bientôt le retour du bâton pour leurs-non réussites.
    Une idée valable aussi pour le gouvernement.

  • En fait, les nouveaux critères d'évaluation et les promotions "au mérite" ne seront probablement pas plus efficaces que le triptyque actuel (grand choix, petit choix, ancienneté). Le seul changement notable sera le poids plus important de l'avis du chef d’établissement dans le secondaire.

    La question de fond demeurera celle de l'expérience généralement très réduite qu'ont les inspecteurs des classes dans lesquelles ils vont inspecter.
    De plus, ces gens peuvent avoir des lubies (dire ce qui serait important dans le programme) et des préjugés (l'un peut juger qu'avoir été auxiliaire est une tare quand un autre y voit la preuve d'un réel intérêt pour l'enseignement). Or, le fait d'évaluer seul permet à ces lubies et préjugés de primer sur les critères officiels, les cases étant cochées en conséquence.
    De plus, l'avis des chefs d'établissement est basé sur un critère occulte qui est l'absence de remous: ainsi, le "prof" qui dit à ses élèves qu'il faut travailler davantage s'ils ne veulent pas échouer lamentablement dans un an ou deux est rarement bien vu des parents dont il pourrit indirectement les loisirs et ceux-ci se plaignent au chef d'établissement d'une charge de travail qui menacerait la santé de leurs rejetons. Or, donner plus d'importance à cet avis va accroître la promotion des personnels dociles (voire obséquieux) au détriment de ceux qui s’attachent d'abord à transmettre des contenus exigeants. Il serait douteux que le pays y soit gagnant dans deux ou trois décennies.
    Pour le collège et le lycée, la seule évaluation fiable des enseignants consisterait à réaliser une évaluation notée de tous les élèves début septembre et fin juin sur des épreuves nationales communes à un tout un niveau, de noter ainsi la classe (en lui attribuant le quotient du total de tous les points par le nombre d'élèves) et de voir les progrès réalisés durant l'année. Des correctifs mineurs pourraient être apportés suivant l'effectif pour évaluer l'enseignant, mais l'influence du niveau culturel ambiant serait prise en compte de façon à peu près objective par la note initiale de la classe.
    Évidemment, ce système ne pourrait pas être utilisé en maternelle et en CP pour des enfants ne sachant pas lire et écrire, donc il serait inutilisable pour le primaire où les IEN devraient conserver l'approche actuelle.
    Enfin, il existe une forte inertie de l'inspection: je ne sais si la hiérarchie refuse toujours toute modification rapide de la note pédagogique (que ce soit à la hausse ou à la baise), mais il est certain qu'un inspecteur souhaite rarement remettre en cause le jugement porté antérieurement par un de ses collègues car s'il dit que celui-ci s'est trompé, il reconnaît que l’avis qu'il donne lui-même est discutable.

    En fait, le vrai changement est probablement ailleurs. Sous couvert d'améliorer la rémunération des professeurs méritants, la modification servira surtout à ralentir les carrières. Les augmentations de salaire (par bonifications et surtout passage plus rapide des premiers échelons) des débutants ont pour l'instant été largement compensées par le blocage durable du point d'indice, mais l'accélération de carrière amène de forts effectifs aux échelons moyens et ceux-ci resteront longtemps (jusqu'à 62 ou 65 ans), donc pour réduire la dépense, il faut ralentir la suite de leurs carrières. Les inspections à périodes fixes sur des critères flous et surtout la confusion lors de la phase transitoire peuvent grandement y aider. De plus, au nom des débuts mieux payés, il sera facile de justifier auprès du public un allongement des durées entre deux changements d'échelon; nul doute que les hauts fonctionnaires (très bien payés) du Ministère y ont pensé avant de concocter un système avouable et une présentation enjolivée de celui-ci.

  • Pour juger il va falloir des juges méritant , et pour apprécier des appréciateurs méritant ...

  • ce sera à qui fait le plus de lèche au chef d'établissement

  • Je viens de parcourir les commentaires et ceux-ci vont bon train concernant la mise en place de cette fabuleuse nouvelle. Croyez vous qu'au ministère de l'éducation, quelqu'un soit assez courageux pour prendre en charge la responsabilité de choisir qui est méritant ou pas ? On voudrait faire croire à une augmentation générale déguisée, personne ne voulant déshabiller Pierre pour habiller Paul ! Mais en fait, à 7 mois des élections, le gouvernement se fout pas mal des modalités puisque si ça tourne mal c'est son successeur qui devrait hériter de la mise en place de cette mesure. L'important par dessus tout et l'unique but de la manœuvre pour la Gauche étant de ramener des voix, et on peut le dire, à n'importe quel prix...

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