Colomiers : conspué par son camp, Valls attaque Sarkozy et le "totalitarisme islamique"

Colomiers : conspué par son camp, Valls attaque Sarkozy et le "totalitarisme islamique"

Manuel Valls en meeting avec le PS le 29 août 2016 à Colomiers (Haute-Garonne).

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le lundi 29 août 2016 à 21h52

Nicolas Sarkozy, "totalitarisme islamique", "surenchère des diviseurs" : Manuel Valls était à Colomiers, près de Toulouse, ce lundi soir pour le meeting de rentrée du Parti socialiste, une alternative à l'université d'été qui a été annulée. Le Premier ministre, accueilli par des sifflets à l'extérieur, a martelé ses thèmes de prédilection tout en évoquant la campagne pour les élections présidentielles de 2017.

"Comme toujours, Nicolas Sarkozy enfonce des portes ouvertes !", a protesté M.

Valls, énumérant: "oui, la dette est un problème, oui, les impôts doivent baisser, oui, il faut que les entreprises soient plus compétitives, oui, il y a le chômage...". "Mais, alors, pourquoi n'a-t-il rien fait ?", a-t-il interrogé, assurant que "les solutions efficaces, justes, modernes, c'est la gauche qui les a mises en œuvre". Le Premier ministre Manuel Valls a fustigé lundi la "menace considérable" que représente selon lui l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui "impose" son agenda à la droite et qui "s'assoit sur les grands principes de la Constitution".

Lors du meeting de rentrée de la majorité à Colomiers, près de Toulouse, il a également averti la gauche sur "la surenchère des diviseurs" et dit refuser de laisser la France "entre les mains des populistes et des démagogues" lors de la présidentielle de 2017.

LE "TOUT POUR LES RICHES" DE NICOLAS SARKOZY

A propos du candidat à la primaire de la droite, il a regretté que ce soit "toujours le 'tout pour les riches': baisses d'impôts pour eux, transmission des patrimoines, suppression de l'ISF...". "Plus grave", a-t-il poursuivi, "quand on a été chef de l'État, quand on aspire à le redevenir, on ne remet pas en cause aussi violemment l'État de droit, on ne plaide pas pour l'arbitraire, on ne s'assoit pas (...) sur les grands principes de notre Constitution".

Alors que la polémique sur le burkini, tenue de bain très couvrante portée par certaines musulmanes, ne s'est pas éteinte, le Premier ministre répondait ainsi à la demande de M. Sarkozy de légiférer pour l'interdire. "Vers où Nicolas Sarkozy est-il prêt pour l'emporter à emporter le pays ?", s'est demandé M. Valls, l'accusant d'"imposer à toute la droite son agenda, ses thèmes et sa dérive". "C'est donc une menace considérable" car, a-t-il poursuivi, "il prend une responsabilité terrible en donnant corps à ce bloc réactionnaire, à ce programme commun entre la droite dure et l'extrême droite".

Mais M. Valls n'a pas épargné sa gauche, qu'elle soit au sein ou hors du PS dans ce discours de plus d'une demi-heure. Fustigeant la "surenchère des diviseurs", "les contre-projets", "les critiques", "les attaques outrancières parfois intolérables", il a estimé que "si nous partons divisés, nous perdrons à coup sûr". "Je refuse cette petite musique qui veut que la gauche se perde dans l'exercice du pouvoir (...) Notre gauche, c'est celle qui assume dans les plus grandes difficultés d'assumer le pouvoir", a-t-il expliqué, citant Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et François Hollande.

Estimant que "l'anti-sarkozysme ne peut pas, à lui seul, tenir lieu de programme", il a appelé ses troupes à "réconcilier la gauche avec les Français". Tout en précisant que "se réconcilier, ce n'est pas s'excuser".

"Jamais, sous la Ve République, une élection présidentielle n'aura été aussi importante, complexe et périlleuse, pour la gauche, mais d'abord pour la France", a-t-il résumé.

LA COLÈRE SYNDICALE

"Ci-gît le Parti socialiste" : la pancarte en forme de cercueil était brandie dans la foule réunie à Colomiers, à quelques pas seulement du lieu où Manuel Valls et plusieurs ministres ont tenu leur meeting de rentrée, à huit mois de l'élection présidentielle.

Debout face à la mairie de cette ville détenue par la gauche socialiste depuis 1944, sous une nuée de drapeaux syndicaux et politiques, entre 400 et 500 personnes, selon les sources, ont participé à un "contre-meeting unitaire" à l'appel de six syndicats, dont la CGT, rejoints par le NPA, le Parti de gauche et les Jeunes communistes. "Non à la loi travail et son monde !" disait une pancarte, quand une autre, en forme de cercueil, lançait: "Ci-gît le parti socialiste", alors qu'une troisième clamait: "PS: menteur, voleur, fossoyeur du bonheur".

"En renonçant à leurs idéaux de transformation sociale, Manuel Valls et son gouvernement ont choisi l'autre camp, ils ont trahi les salariés et la jeunesse", a lancé au micro Cédric Caubère, secrétaire départemental de la CGT, ajoutant plus tard : "leur République, nous n'en voulons pas!". Citant les lois Rebsamen, Macron et El Khomri, il a brocardé la politique "de droite" du gouvernement, avant de conclure : "On ne lâche rien, la rentrée sociale est ouverte!" sous les applaudissements nourris de la foule.

"On voulait leur montrer qu'ils n'étaient pas les bienvenus ici", a résumé Elsa Galataud, assistante d'éducation scolaire. Voter Hollande en 2017, comme elle l'a fait en 2012 ? "Certainement pas. Hollande et les frondeurs, pareil, je voterai pas PS. Qu'ils s'en aillent!"

Carine Antones Bournazel, elle, porte un drapeau français sur lequel est inscrit : "c'est précisément parce que vous avez renoncé à l'audace que le peuple vous refuse aujourd'hui sa confiance". Après avoir voté PS toute sa vie, elle "ne croit plus en rien" dans ce parti, dit-elle.

"Beaucoup de socialistes ont refusé de venir" au meeting du gouvernement, souligne dans la foule Patrick Jiména, candidat écologiste à la mairie de Haute-Garonne, battu en 2014 par la socialiste Karine Traval-Michelet. "Du social, à l'environnement, en passant par l'économie, le gouvernement cristallise beaucoup de mouvements contre lui, et émerge aujourd'hui une véritable insurrection des consciences", a-t-il assuré, appelant Valls à "écouter les Français."

Venu pour "protester contre la loi Travail, une loi injuste" et une "régression sociale", Bruno Brouard, agent municipal syndiqué CGT, ironise : "ils sont entre eux, ils s'autocongratulent", avant d'ajouter : "et nous, on n'y est pas". Évoquant, de son côté, un "gros contentieux social avec ce gouvernement", Jean-Philippe Gadier, membre du secrétariat départemental de la FSU, parle d'une "blessure béante" laissée par la contestation contre la loi Travail. "On attendait autre chose de la gauche", a-t-il conclu.

Après une série de prises de parole, quelque 150 personnes ont voulu se diriger vers le hall, avant d'être stoppé par un cordon de CRS. Au bout de quelques minutes de face à face paisible, un petit groupe a voulu prendre un autre chemin, entraînant quelques jets de gaz lacrymogène de la part des forces de l'ordre, avant une dispersion vers 18h45.

 
365 commentaires - Colomiers : conspué par son camp, Valls attaque Sarkozy et le "totalitarisme islamique"
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]