Pour attirer les start-up, les banques sortent le grand jeu

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 Les grandes banques françaises misent sur les espaces de détente ou de réflexion collectifs pour accueillir des start-up

Les grandes banques françaises misent sur les espaces de détente ou de réflexion collectifs pour accueillir des start-up

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AFP, publié le vendredi 07 juillet 2017 à 07h46

Ils s'appellent "Villages", "Dunes" ou "WAI" et possèdent espaces de détente ou de réflexion collectifs. Les grandes banques françaises misent sur ces nouveaux lieux pour accueillir des start-up en espérant y trouver des idées, des revenus et la future pépite de la tech.

"C'est une chance d'être ici, de comprendre comment les banques et les autres secteurs fonctionnent", s'enthousiasme David Finel, co-fondateur et dirigeant de Sharepay, fintech fondée en 2014 qui propose des cartes de paiement pour partager à plusieurs les dépenses.

Après être passée notamment par l'accélérateur Numa, cette jeune pousse de la finance loue depuis un an un espace de travail dans le "Village" du Crédit Agricole, en plein centre de Paris.

"On a accès au groupe (Crédit Agricole) et on nous présente aussi des investisseurs", ajoute pour sa part Jonas Braoudé, autre co-fondateur dirigeant de Sharepay.

Des opportunités qui se traduisent par le développement de produits pour l'enseigne bancaire, leur permettant ainsi de toucher des milliers de clients, un débouché "gagnant-gagnant", pour M. Finel.

- Des pépinières partout en France -

Crédit Agricole et BNP Paribas, à la stratégie proche, ont choisi d'accueillir, gratuitement ou à des prix modérés, des start-up porteuses de projets à la faisabilité déjà éprouvée.

Côté Crédit Agricole, quelque 300 jeunes pousses sont accompagnées en France dans 15 "villages", auxquels 13 autres s'ajouteront d'ici à la fin de l'année. Ce dispositif est complété à l'étranger par des relais dans 15 métropoles internationales. 

Pour détecter les talents à un stade précoce, le groupe Crédit Agricole a lancé en mars deux fonds de 50 millions d'euros chacun destinés à l'investissement dans les start-up et les fintech.  

Chez BNP Paribas, où l'on se targue d'avoir lancé les pôles WAI (pour "We are innovation") dès 2012, l'ambition est d'être "la banque de référence" des sociétés innovantes.

A horizon 2020, elle souhaite leur consacrer 5% à 10% des investissements en capital de la banque de détail en France, dont l'enveloppe totale s'élevait à 200 millions d'euros l'an dernier, et compter 4.000 start-up matures (ayant réalisé au moins une levée de fonds) parmi ses clients contre 2.000 actuellement.

La première banque européenne va également passer de 16 pôles WAI à environ 60 en France d'ici fin 2017, les dupliquer à l'international (30 plateformes en Europe) et envoyer sur le terrain 100 banquiers spécialistes de l'innovation.

La banque de détail, qui comme ses homologues souffre d'une perte de revenus liée aux taux bas, espère tirer des gains de ces investissements et être mieux armée face aux nouveaux acteurs du secteur, qui misent eux-mêmes beaucoup sur des innovations.

D'une part, en conquérant de nouveaux clients - et qui sait de futures licornes françaises - mais aussi en faisant le lien entre sa clientèle de grandes entreprises, en mal de transformation technologique, et des start-up aux idées fulgurantes rapidement concrétisées.

- Mieux que les cabinets de conseil -

Pour sa part, Société Générale a adopté une démarche différente: l'accueil de start-up se fait dans un seul lieu, "Les Dunes", en proche banlieue parisienne, sur un plateau de 1.000 m2 doté de 150 postes de travail où la confidentialité des projets n'est pas de mise. 

La banque rouge et noire n'organise pas de concours de sélection. Hébergement (gratuit) ou partenariats peuvent se nouer "en cinq minutes" sur la base d'une bonne entente, a expliqué à l'AFP Aymeril Hoang, responsable de l'innovation pour le groupe.

Mais "on ne fait pas de promesses sur l'accompagnement", poursuit-il, "on s'engage toutefois à les aider, notamment par des collaborations en interne".

Rémunérées comme des prestataires de services, elles se substituent à des cabinets de conseil "établis, très performants mais extrêmement chers" sans être à la pointe de la créativité numérique, souligne M. Hoang.

Pour repérer les "pépites", la banque se repose sur 150 collaborateurs en France et des antennes à l'international, notamment en Afrique et en Asie, tout en investissant dans des fonds de capital risque dédiés aux start-up. 

Résultat: depuis 2015, la banque a accompagné plus de 1.000 start-up en Europe et compte 2.000 start-up clientes dont 200 à fort potentiel comme Blablacar ou OVH. 

 
1 commentaire - Pour attirer les start-up, les banques sortent le grand jeu
  • Un des problèmes majeure du commerce international sont les banques françaises. En fait des tirelires pour faire joujou.......rien à cirer des PME-PMI....

    Si il ne vous faut rien et si vous ne voulez rien vous serez vire servie....la pire le CIC....eux ont même des chargé(e)s de clientèle qui s'efforcent de détruire les PME. Et c'est à ça qu'elles sont les plus douées.

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