La sonde Cassini s'apprête à effectuer un ultime plongeon vers Saturne

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 Données clés sur la mission de la sonde américaine Cassini, qui a révélé les mystères de Saturne

Données clés sur la mission de la sonde américaine Cassini, qui a révélé les mystères de Saturne

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AFP, publié le mercredi 13 septembre 2017 à 23h44

Les heures sont comptées pour la sonde américaine Cassini dont le plongeon final vendredi dans l'atmosphère de Saturne mettra fin à une mission très fructueuse de treize ans, qui a bouleversé les connaissances sur la planète géante gazeuse et la science planétaire.

"Cassini-Huygens est une mission extraordinaire qui a révolutionné notre compréhension des confins de notre système solaire", explique Alexander Hayes, professeur d'astronomie à l'Université Cornell dans l'Etat de New York.

Avec près de 300 orbites autour de Saturne, Cassini a fait d'importantes découvertes: les mers de méthane liquide sur Titan, son plus grand satellite naturel, et l'existence d'un vaste océan d'eau salée sous la surface glacée d'Encelade, une petite lune saturnienne.

Les données recueillies par le spectromètre à bord de Cassini, lors de la traversée d'un panache de vapeur au pôle sud d'Encelade, ont révélé la présence d'hydrogène jaillissant de fissures dans la couche de glace. 

Cet hydrogène est la signature certaine d'une activité hydrothermale propice à l'existence de la vie, comme l'avaient expliqué les scientifiques en annonçant cette découverte en avril dernier.

"Ces découvertes faites par Cassini figurent  parmi les plus époustouflantes en science planétaire", a estimé mercredi devant la presse, Linda Spilker, principale scientifique de la mission au "Jet Propulsion Laboratory" (JPL) de la Nasa en Californie. 

"Ce monde océanique d'Encelade a vraiment changé notre approche sur la recherche de la vie, ailleurs dans notre système solaire et au-delà", a-t-elle dit. 

Cassini, une sonde de 2,5 tonnes lancée en 1997 et dotée de douze instruments, a amorcé le 22 avril la première manoeuvre qui la fera plonger dans l'atmosphère de Saturne le 15 septembre. 

Pour ce faire, le vaisseau s'était approché de Titan, grâce à sa poussée gravitationnelle, pour descendre sous les anneaux de Saturne et le haut de sa couche nuageuse. Pour la première fois, il avait ainsi exploré cet espace vide de 2.700 kilomètres. 

Cassini aura effectué au total vingt-deux de ces orbites jusqu'au dernier vendredi.

- Baiser d'adieu -

Cassini a survolé une dernière fois Titan le 12 septembre et transmis les images et données scientifiques recueillies pendant ce survol. 

C'est le dernier "baiser d'adieu", ont dit les ingénieurs de la Nasa qui ont profité de cette communication pour s'assurer que le vaisseau est bien sur la trajectoire qui le fera plonger dans l'atmosphère saturnienne.

"La sonde transmettra des données durant son plongeon, du sans précédent pour Saturne", pointe Linda Spilker.

Cassini devrait perdre le contact avec la Terre deux minutes après le début de sa descente à 113.000 kilomètres/heure durant laquelle dix de ses instruments fonctionneront, dont le spectromètre pour analyser l'atmosphère.

Ces informations aideront à comprendre la formation et l'évolution de la planète gazeuse.

La veille, jeudi, d'autres instruments effectueront des observations des aurores boréales et des tourbillons aux pôles de Saturne.

- Le grand final -

Cassini amorcera son ultime descente à 7:14 GMT vendredi pour entrer dans l'atmosphère de Saturne à une altitude d'environ 1.915 km. 

Le signal de cette manoeuvre sera reçu par la Nasa à 8:37 GMT, 86 minutes plus tard, le temps mis par les ondes radio pour atteindre notre planète.

Avec ses antennes orientées vers la Terre, Cassini entrera dans l'atmosphère de Saturne à 10:31 GMT, ce qui sera confirmé sur Terre à 11:54 GMT.

Une minute plus tard, à 1.510 kilomètres au-dessus de la couche nuageuse, les communications s'arrêteront et peu après Cassini commencera à se désintégrer, prédit la Nasa. Ce dernier signal sera capté à 11:55 GMT.

"Ce grand final représente la culmination d'un programme pour utiliser le carburant restant dans le vaisseau de la manière la plus productive scientifiquement", explique Earl Maize, responsable du projet Cassini au JPL.

"En précipitant Cassini dans l'atmosphère de Saturne on évite tout risque que le vaisseau aille s'écraser sur l'une des lunes où la vie pourrait exister comme Encelade, les préservant de toute contamination", précise-t-il.

La mission est une coopération entre la Nasa, l'Agence spatiale européenne (ESA) et l'Agence spatiale italienne, ces deux dernières ayant construit la sonde Huygens transportée par Cassini jusqu'en en décembre 2004, quand elle est allée se poser sur Titan.

La mission Cassini-Huygen a coûté au total 3,26 milliards de dollars dont 2,6 milliards pour les Etats-Unis, 500 millions pour l'ESA et 160 millions pour l'Agence spatiale italienne.

Giovanni Cassini était un astronome italien du 17e siècle qui a découvert quatre lunes de Saturne, qui en compte plus de 60. 

Christiaan Huygens, son contemporain, était un mathématicien hollandais qui a déterminé que Saturne avait des anneaux. Il a aussi observé Titan pour la première fois.

 
10 commentaires - La sonde Cassini s'apprête à effectuer un ultime plongeon vers Saturne
  • Simple question idiote:L,hélium peut il s,enflammer au contact d,une flamme ou d,une étincelle? Car parait il ,saturne est une énorme planète gazeuse et froide . Donc Cassini pourrait se comporter tel un briquet sur une bonbonne de gaz en s,écrasant et transformer la planète en étoile

  • Extraordinaire de ce que la science et l'intelligence peut réaliser

  • Quel exploit , feraient mieux déjà de s'occuper de notre pauvre planète nos apprentis sorciers mais c'est vrai que c'est beaucoup plus difficile et que cela n'intéressent pas du tout ceux qui les financent .

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    Zelaffingapeule  (privé) -

    C'est exactement la même réflexion qu'ont du avoir les parents des premiers hominidés quand leurs rejetons se sont dressés sur leurs pattes pour aller voir ce qui se passait au delà de leur arbre dans l'est africain il y a quelques millions d'années. Heureusement qu'ils ne les ont pas écouté sinon vous en seriez toujours à philosopher dans cet arbre. Privé des délices d'Internet qui vous permettent aujourd'hui de nous faire part de votre inquiétude sur le sort du monde

  • Magnifique, mais qui pourra exploiter et poser le pied sur cette planète. Personne. Simple logique.

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    Zelaffingapeule  (privé) -

    Il ne fait pas bon vivre non plus dans nos déserts ou aux pôles. Mais comprendre ce qui s'y passe est toujours utile à la compréhension de notre environnement et de la fragilité des équilibres qui se sont construits.

  • découvertes fabuleuses pour le 17ème siècle!!!

    et bravo à la Nasa de la technique proposée et réussie (sonde qui se pose et fait tout ce qui a été programmé)

    j'admire leur compétences, et c'est l'avenir de l'humanité pour une autre vie sur d'autre planètes si besoin!

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