Voiture de police incendiée à Paris en 2016: neuf protagonistes renvoyés en procès

Voiture de police incendiée à Paris en 2016: neuf protagonistes renvoyés en procès

Voiture de police incendiée à Paris le 18 mai 2016 pendant une manifestation

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AFP, publié le vendredi 09 juin 2017 à 19h18

L'image, devenue virale, de la voiture de police en flammes à Paris avait conduit à des mises en examen pour tentatives de meurtre: un an après, neuf protagonistes sont renvoyés en procès mais pour des faits moins graves que ceux retenus au départ.

L'attaque, le 18 mai 2016, avait provoqué un vif émoi et le gouvernement de Manuel Valls avait promis la fermeté. Elle était survenue près de la place de la République, en marge d'un rassemblement inédit à l'appel de syndicats de police contre la "haine anti-flics". Le contexte était alors tendu, sur fond d'opposition dans la rue à la loi travail.

Alors que ces neuf protagonistes risquaient la cour d'assises pour tentatives de meurtre sur policiers, le parquet avait fini par abandonner ces charges criminelles dans ses réquisitions du 12 mai au terme d'un an d'enquête, estimant que "l'intention homicide" ne pouvait plus être retenue, ni "l'existence d'un plan préalablement établi".

Le 24 mai, les juges ont décidé de les renvoyer devant le tribunal correctionnel pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations", une infraction passible d'un an d'emprisonnement.

Six d'entre eux seront aussi jugés pour "violences aggravées sur policiers en réunion", passible de dix ans de prison, ainsi que pour "destruction volontaire", selon des sources proches du dossier et judiciaire, confirmant une information de Mediapart.

Les vidéos qui avaient circulé sur internet montraient plusieurs personnes cagoulées cassant des vitres à coup de pieds ou lançant des plots de circulation sur le véhicule, jusqu'à ce qu'un protagoniste jette un fumigène par la vitre arrière brisée, enflammant l'habitacle où se trouvaient les deux policiers. Ils en étaient sortis sans blessure grave.

- 'Dossier médiatisé' -

Les juges ont donc suivi l'avis du ministère public, sauf pour l'un des mis en examen, Leandro L., que le parquet souhaitait voir poursuivi avec les six personnes renvoyées pour les violences aggravées et la destruction volontaire, selon ces sources.

"Le parquet était sous pression du pouvoir, des syndicats de policiers et de la médiatisation", a commenté Antoine Comte, son avocat. "Les juges ont redimensionné l'affaire dans le bon sens", s'est-il félicité.

"Il y a une ruse juridique du parquet qui utilise la +participation à un groupement+, pour en réalité requalifier l'association de malfaiteurs qui ne tient pas", selon Me Raphaël Kempf, autre conseil de la défense. Le ministère public tente ainsi de "punir quelque chose qui est antérieur" à l'attaque, en exploitant cette nouvelle qualification créée en 2010 contre les groupes de jeunes de banlieue, estime l'avocat.

Quelques heures après les faits, quatre hommes âgés aujourd'hui de 19 à 33 ans, dont certains proches de la mouvance "antifasciste", avaient été identifiés, grâce au témoignage anonyme d'un policier infiltré sur place. La défense avait dénoncé un procédé déloyal, démontrant selon elle la précipitation des enquêteurs.

Le plus jeune des quatre, Angel Bernanos, était alors soupçonné d'avoir attaqué la voiture puis un policier avec une barre de fer. Placé un mois en détention provisoire, il a finalement été mis hors de cause dans les violences, après l'arrestation d'un autre suspect qui a reconnu les faits. Le parquet a en revanche obtenu le renvoi pour les violences de son frère aîné, Antonin, qui a fait dix mois de détention provisoire et nie les faits.

"C'est, une fois de plus, un dossier médiatisé par le politique et couvert par l'instruction qui refuse de tirer les conclusions de non-lieu qui s'imposent", a réagi leur avocat, Jérémy Assous.

Cinq autres hommes, dont trois toujours détenus, ont par la suite été identifiés, grâce à la vidéosurveillance et la téléphonie.

L'enquête a permis d'identifier un suspect pour le jet du fumigène. Mais cet homme, né en 1989 et qui réside en Suisse, ne s'est pas présenté quand il a été convoqué pour sa mise en examen. Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt.

 
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