Un ex-ténor du barreau de Chartres devant les assises pour viol

Un ex-ténor du barreau de Chartres devant les assises pour viol

An allegory of Justice is pictured in front of lawyer dress in the Maison Bosc store, which has been manufacturing legal and academic dress in France and abroad since 1845, on December 4, 2013 in Paris. AFP PHOTO / FRANCK...

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AFP, publié le mardi 06 juin 2017 à 20h48

Un ex-avocat, ancien ténor du barreau de Chartres, comparaît devant la cour d'assises des Yvelines pour viol et agressions sexuelles, des faits qu'il nie "farouchement" et en "intégralité", a souligné son avocat à l'ouverture mardi du procès qui doit durer trois semaines.

Sidney Amiel, 67 ans, spécialisé en droit social, avait été renvoyé en juillet 2013 devant la cour d'assises d'Eure-et-Loir pour des faits de viol ou agressions sexuelles sur cinq femmes, clientes ou collaboratrices de son cabinet, avec la circonstance aggravante que les faits auraient été commis en abusant de l'autorité que lui conféraient ses fonctions. Le sexagénaire comparaît également pour des attouchements sur son ex-belle-fille, alors mineure.

Le procès a été dépaysé à Versailles en 2015. Placé sous contrôle judiciaire en 2010, l'accusé comparaît libre, devant un jury presque exclusivement féminin.

"Mon client conteste farouchement l'intégralité des faits qui lui sont reprochés", a rappelé en préambule Me Frédéric Landon, avocat de la défense.

"Je n'ai jamais varié dans mes déclarations", a insisté l'accusé à la barre, criant à un "complot policier, professionnel et antisémite", ourdi au sein du microcosme du barreau de Chartres notamment. Et d'évoquer "des ficelles à droite, à gauche que l'on actionne pour (lui) nuire".

Dans leurs dépositions devant les enquêteurs, les victimes présumées de l'avocat, clientes, jeunes avocates ou encore secrétaires passées par le cabinet alors florissant de Me Amiel, affirment cependant ne pas se connaître. Certaines n'ont pu voir leur plainte prospérer du fait de la prescription. 

Elles décrivent les caresses imposées, les baisers réclamés, les mains baladeuses, les propositions ou plaisanteries graveleuses, les attouchements incessants à la photocopieuse ou ailleurs. Et pour l'une d'entre elle un acte de pénétration forcé. 

L'ambiance de travail dans le cabinet, également tenu par deux autres avocats, dont une est la maîtresse de Me Amiel, est décrit comme "délétère", selon plusieurs témoignages versés au dossier, le "turnover" de jeunes collaboratrices "très important". 

"Pas plus que dans un autre cabinet", rétorque à la barre l'ancien avocat.

Le Conseil national des barreaux et l'Ordre des avocats au barreau de Chartres se sont portés parties civiles dans cette affaire. L'accusé était un des ténors de ce barreau, connu pour ses nombreux succès dans des procès opposant des entreprises à d'anciens salariés licenciés. Il défendait notamment la CGT.

Sidney Amiel a été suspendu provisoirement par le conseil de l'ordre en 2011, puis "omis du tableau des avocats", ne pouvant plus exercer pour raison médicale liée à une dépression. Il a fait valoir depuis ses droits à la retraite.

Interrogé à la barre sur sa personnalité, l'homme se décrit comme un homme "amoureux" des femmes qui ont partagé sa vie - il s'est marié et a divorcé deux fois -, mais volage aussi, ayant régulièrement eu des maîtresses. Durant l'instruction, l'une de ses ex-femmes l'a décrit comme "malade sexuel" et "manipulateur".

Son procès doit durer jusqu'au 23 juin. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle.

 
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