La justice lyonnaise rejette la prescription d'un "crime occulte"

La justice lyonnaise rejette la prescription d'un

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon a estimé que Mohamed Abdelhadi, dont le corps n'a été retrouvé qu'en 2016, avait été victime d'un "crime occulte"

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AFP, publié le jeudi 13 avril 2017 à 14h57

Lyon: la cour d'appel a estimé que Mohamed Abdelhadi, dont le corps n'a été retrouvé qu'en 2016, avait été victime d'un "crime occulte"

La disparition du jeune homme en 2001 avait été élucidée 15 ans plus tard et son meurtrier arrêté. Mais une question de procédure menaçait le dossier de prescription: jeudi, la justice lyonnaise en a décidé autrement.

Dans son arrêt, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a estimé que Mohamed Abdelhadi, dont le corps n'a été retrouvé qu'en 2016, avait été victime d'un "crime occulte".

Dans un tel cas, le délai de prescription "commence à courir du jour de la découverte du corps" et il n'est donc pas dépassé dans cette affaire malgré l'ancienneté des faits, a déclaré à l'AFP l'avocat de la famille de la victime, Me David Metaxas, qui souhaite donc "une tenue rapide du procès".

Ce jeune homme de 27 ans avait mystérieusement disparu le 9 décembre 2001 à Villefranche-sur-Saône (Rhône). Sa famille avait multiplié les recherches et fait appel à un détective privé. En vain.

En 2008, elle décidait de relancer le dossier en déposant plainte pour "disparition inquiétante". Sans plus de succès.

Mais l'affaire a connu un rebondissement en 2016, à la suite du témoignage d'une femme venue raconter à la police les confidences de son compagnon. Ce dernier avait avoué que lui et son père avaient poignardé à mort un jeune homme, sur fond d'affaire de vol et de trafic de drogue, avant de cacher le corps dans une cave. Sept ans plus tard, le père et son autre fils étaient allés l'enterrer dans un bois.

Les enquêteurs faisaient alors le rapprochement avec la disparition de Mohamed Abdelhadi, dont le corps était retrouvé dans un bois du Beaujolais.

Un homme de 61 ans et ses deux fils de 31 et 36 ans ont été mis en examen pour meurtre et complicité et le sexagénaire, qui a reconnu les faits, écroué, ouvrant la voie à un procès.

Mais son défenseur, Me Frédéric Doyez, a saisi la justice, estimant que le délai de prescription, qui était alors de 10 ans à compter du crime, était dépassé en l'absence "d'acte interruptif" dans la procédure.

Il arguait du fait que s'il y avait des "traces" de la plainte en 2008, aucune pièce de procédure liée à celle-ci n'avait été retrouvée dans les archives du tribunal de Chalon-sur-Saône, chargé du dossier.

"C'est une immense satisfaction et un soulagement pour la famille", a assuré Me Metaxas. "Je veux que les coupables soient jugés très rapidement et condamnés à hauteur de la gravité des faits et en tenant compte de la stratégie de la défense".

Celle-ci, de son côté, va se pourvoir en cassation.

 
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