Gard: une femme condamnée en appel à 30 ans pour avoir tué la compagne de son amant

Gard: une femme condamnée en appel à 30 ans pour avoir tué la compagne de son amant

La cour d'assises du Gard a condamné en appel vendredi une femme, Jessy Travaglini, à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir étranglé la compagne de son amant, en octobre 2013 à Aubignan (Vaucluse).

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AFP, publié le vendredi 07 juillet 2017 à 13h59

La cour d'assises du Gard a condamné en appel vendredi une femme, Jessy Travaglini, à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir étranglé la compagne de son amant, en octobre 2013 à Aubignan (Vaucluse).

Les magistrats et les jurés ont écarté la préméditation, comme la cour d'assises de Vaucluse qui l'avait déjà condamnée à 30 ans en février 2016.

"Le meurtre a été réfléchi, ruminé. Quand elle rentre chez Eloïse Bagnolini, elle sait qu'elle va la tuer", a soutenu l'avocat général Damien Kincher, qui a requis 30 ans de réclusion criminelle et demandé de retenir la préméditation.

Jessy Travaglini, âgée aujourd'hui de 31 ans, agent de maîtrise dans les ressources humaines et mère d'un garçon de huit ans, avait reconnu avoir étranglé avec une serviette Eloïse Bagnolini, 30 ans, dans la salle de bain lors d'une bagarre.

L'accusée a soutenu que la victime, qui venait de découvrir qu'elle entretenait une relation extra-conjugale avec son compagnon, l'avait conviée à son domicile pour avoir une explication. Selon l'accusée, elle s'en était violemment pris à elle en apprenant que leur liaison avait débuté trois ans et demi auparavant, juste après le début de sa grossesse.

L'accusation et les parties civiles ont écarté sa version, soulevant "les incohérences, les contradictions et les mensonges" de Jessy Travaglini, ainsi que son "organisation méthodique" après les faits.

Elle avait essuyé les traces de sang, fait croire à un départ volontaire de sa rivale qu'elle avait chargée dans le coffre de sa voiture. Après avoir garée l'automobile à proximité, elle avait rejoint une amie.

Le lendemain, elle avait demandé à son père de l'aider à brûler le véhicule de sa victime. Il avait alors fait prévenir la gendarmerie.

"Ce n'est pas de la préméditation, c'est de l'affolement", a plaidé l'un de ses avocats, Me Frank Berton. 

"Vous me demandez votre vérité, pas la vérité. Je comprends que vous ayez besoin de sens, mais moi-même j'ai du mal à comprendre ce drame", a dit Jessy Travaglini, qui a avoué pour la première fois ses "sentiments" pour son amant, ingénieur dans la même société qu'elle.

"On veut une autre thèse, on veut le crime passionnel à l'envers, on veut faire d'elle une prédatrice", a dit son second conseil, Me Luc Abratkiewicz.

mk/apo/DS

 
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