Dans l'Arkansas, bien après Moïse, les Tables de la Loi à nouveau brisées

Dans l'Arkansas, bien après Moïse, les Tables de la Loi à nouveau brisées

Photo fournie par la police de Pulaski de l'Américain Michael Reed qui a volontairement percuté avec sa voiture une stèle des Dix Commandements, le 27 juin 2017 dans l'Arkansas

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AFP, publié le jeudi 29 juin 2017 à 07h55

Si Moïse n'a pas été poursuivi en justice pour avoir fracassé les Tables de la Loi en descendant du mont Sinaï, Michael Reed le sera lui: cet Américain a volontairement percuté mercredi une stèle des Dix Commandements dans l'Arkansas.

Son acte de vandalisme, commis en pleine nuit et sans faire de blessés, est venu illustrer les excès émergeant parfois du coeur de l'Amérique conservatrice, où la religion se télescope souvent avec la laïcité. 

L'affaire tient de la guerre picrocholine, avec des accents burlesques. M. Reed a apparemment bien chevillé au corps le principe de séparation de l'Eglise et de l'Etat: en octobre 2014, il avait précipité sa voiture contre un monument affichant le Décalogue au pied du capitole de l'Oklahoma.

Presque trois ans plus tard, il a agi exactement de même avant le lever du jour mercredi, cette fois au pied du capitole de l'Etat de l'Arkansas. Son geste illustre la forte controverse qu'a suscitée cette stèle installée... la veille.

Sous le choc, le monolithe d'environ 1,80 m de haut a été brisé en plusieurs morceaux, qui ont été enlevés au matin par un engin mécanique.

Michael Reed, 32 ans, a été arrêté et sera poursuivi pour "dégradation d'un bien d'intérêt général" et "intrusion illégale" sur un terrain public de la capitale de l'Etat, Little Rock, a confirmé à l'AFP le bureau du shérif local.

Le militant laïque s'est filmé en train de précipiter sa voiture-bélier contre la stèle en granit. "Liberté!", crie-t-il avant d'éperonner le monument, selon une vidéo publiée sur son compte Facebook.

"Un imbécile dans mon Etat a rompu d'un seul coup les Dix Commandements", a commenté sur Twitter l'ex-pasteur baptiste et ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee.

- 'On n'est pas sur le Sinaï' -

"Il ne s'agissait pas de Moïse et ce n'était pas le Mont Sinaï", a ajouté cet ancien candidat à la primaire républicaine pour la présidentielle, en référence aux Tables de la Loi sur lesquelles, selon le Livre de l'Exode, Dieu a gravé le Décalogue avant qu'elles fussent brisées par Moïse.

Selon les livres, Dieu avait ensuite scellé une nouvelle alliance avec son peuple, chargeant Moïse de tailler deux autres tables pour y graver à nouveau les termes de la loi.

L'incident a exacerbé la polémique déclenchée par l'installation d'un symbole chrétien sur le terrain d'un bâtiment public abritant le siège du pouvoir législatif de l'Arkansas.

Le Premier amendement de la Constitution américaine prohibe l'établissement d'une religion nationale ou la préférence d'une religion sur une autre.

Sur ce fondement l'ACLU, grande organisation américaine de défense des libertés, avait annoncé son intention de lancer une action en justice contre les promoteurs de la stèle.

Les défenseurs du monument affirment à l'opposé que celui-ci évoque l'histoire et les racines chrétiennes des Américains et qu'il n'a rien coûté au contribuable.

Ils s'appuient sur une décision de 2005 de la Cour suprême des Etats-Unis, qui avait laissé en place une telle stèle au pied du capitole du Texas.

Le Satanic Temple, une organisation américaine prônant une stricte séparation de l'Eglise et de l'Etat, a de son côté demandé à installer au pied du capitole de Little Rock une statue de Baphomet, une idole ailée à tête de bouc vénérée par des occultistes et dans certaines pratiques sataniques.

 
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