Pesticides: le patron de Syngenta demande un débat sur "l'agriculture durable"

Pesticides: le patron de Syngenta demande un débat sur "l'agriculture durable"

Le président directeur général du groupe Syngenta, Erik Fyrwald, à Paris le 13 septembre 2017

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AFP, publié le jeudi 14 septembre 2017 à 11h20

Après le bouclage de son rachat par ChemChina et avant des décisions européennes cet automne, le groupe agrochimique suisse Syngenta demande l'ouverture d'un débat sur "l'agriculture durable" face aux polémiques sur les néonicotinoïdes, jugés responsables du déclin des abeilles.

"Il y a beaucoup de discussions portant sur des produits spécifiques mais je pense qu'il est réellement important de faire un pas de côté et d'avoir une vraie discussion avec le gouvernement, les organisations non gouvernementales et des scientifiques sur ce qu'est une agriculture durable" a déclaré le président directeur général du groupe, Erik Fyrwald, au cours d'un entretien avec l'AFP mercredi à Paris.

M. Fyrwald dit faire sienne la définition de l'agriculture durable énoncée par le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Travert: fournir une nourriture en quantité suffisante, à un prix accessible, saine pour les agriculteurs, les consommateurs et l'environnement.

Dans un récent bras de fer avec le ministre de de l'Environnement, Nicolas Hulot, M. Travert s'était d'ailleurs déclaré ouvert à l'utilisation d'insecticides néonicotinoïdes - dont un est fabriqué par Syngenta - pour protéger les cultures qui ne disposent pas de solution de remplacement en l'état actuel de la science. Dans le but de garantir les rendements. 

"Nous devons nourrir la planète et nous devons faire attention à l'environnement, à la sécurité des agriculteurs et des consommateurs: il faut avoir une discussion honnête et ouverte sur le sujet" avec les ONG et l'industrie agroalimentaire au lieu de s'engager sur des discussions "politiques" et "non-scientifiques", estime M. Fyrwald.

Le responsable minimise la nocivité des insecticides néonicotinoïdes pour les abeilles et bourdons pollinisateurs. 

Alors que la France a confirmé son interdiction de ces produits à partir de 2018, et que la Commission européenne planche sur le sujet cet automne, il juge "très mineur" l'impact de ces neurotoxiques sur la santé des colonies d'abeilles par rapport à d'autres facteurs, comme le parasite varroa ou une mauvaise météo.

M. Fyrwald rappelle que son groupe, qui a besoin d'abeilles pour produire des semences, possède 100.000 ruches, dont 10.000 en France. Son miel, coulé cette année dans la plaine céréalière de Versailles, est étiqueté Syngenta.

- Pesticides dans le bio -

"Nous ne voyons pas de déclin des colonies d'abeilles dans les endroits où le thiametoxam (l'insecticide néonicotinoïde produit par Syngenta sous la marque Cruiser, NDLR) est utilisé par rapport aux endroits où il ne l'est pas", affirme-t-il. 

Au passage, tout en rappelant que Syngenta produit aussi des pesticides et des engrais pour l'agriculture bio, M. Fyrwald décoche quelques flèches sur ce secteur qui utilise "plus de terre agricole, plus d'eau et émet plus de gaz à effet de serre par unité alimentaire" que l'agriculture conventionnelle, avec "moins de rendement".

"Pourquoi les ONG ne regardent-elles pas les pesticides bio et ne décident-elles pas ceux qui sont bons et ceux qui sont mauvais?" interroge-t-il.

Prenant exemple sur le cuivre, largement utilisé dans le bio comme fongicide (notamment sur la vigne, NDLR), M. Fyrwald poursuit son raisonnement: "le cuivre est un métal lourd, on en met beaucoup dans le sol. Est-ce que c'est bon pour le sol? Est-ce que c'est bon pour le consommateur, pour l'agriculteur? Je ne sais pas mais les régulateurs doivent examiner toutes les technologies proposées et décider lesquelles sont réellement durables". 

Après son acquisition par ChemChina, le groupe sino-suisse va désormais constituer le troisième pôle agrochimique du monde derrière les mastodontes en cours de formation Bayer-Monsanto et Dow-Dupont.

Pour se rééquilibrer face au duo de tête, Syngenta se dit "très intéressé par des acquisitions dans le domaine des semences dans le monde entier", notamment "dans le maïs et les semences légumières", selon M. Fyrwald. 

"Je ne commente sur aucune société mais nous sommes intéressés par tout ce qui est à vendre sur le marché des semences légumières. Vous devriez voir des résultats en 2018", ajoute-t-il.

Depuis son rachat, le groupe affirme n'avoir vu "aucune différence" majeure de gouvernance, à l'exception de l'entrée de deux responsables de ChemChina au conseil d'administration, aux côtés de six membres européens.

L'objectif aujourd'hui est "de doubler d'ici cinq ans" le volume d'affaires du groupe en Chine, qui est aujourd'hui "d'environ 300 millions d'euros", précise M. Fyrwald.

 
14 commentaires - Pesticides: le patron de Syngenta demande un débat sur "l'agriculture durable"
  • VOS COMMENTAIRES, AMI DU BLOG, SONT IMBECILES
    montrant que vous êtes bien formate par un discours anti agrochimie.
    mais la nature est aussi belle qu'hostile
    c'est en 1922 que la ligue contre cancer a été crée, la phytopharmacie n'existait pas encore.

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    Sauvageon  (privé) -

    Lied, qui sont les imbéciles ?
    Ceux qui pensent que les firmes vendant leurs poisons le font pour le bien de l'humanité, en toute innocuité, ou ceux qui cherchent à préserver la vie qui fuit de plus en plus vite de cette planète attaquée qu'elle est par une espèce destructrice qui ne se souci que d'une et une seule chose... satisfaire sa rapacité sans borne, à court terme.

    Concernant le cancer il est en effet vrai que cette (ou ces) maladie existe depuis bien longtemps, mais il est tout aussi vrai que depuis quelques décennies elle ne fait que se répandre de plus en plus dans la population.
    Ceux qui préfèrent se cacher la face ou qui sont à la solde de leurs maître es pognon nous disent, entre autres mensonges, que c'est une maladie de la "vieillesse", mais alors que penser de la recrudescence des cas dans la population jeune de moins de 50 ans !


    Et puis que penser de ces très nombreuses personnes qui prouvent par leur pratique agricole qu'il est possible de produire sans avoir recourt à un usage abusif de toute cette chimie qui empoisonne les sols, l'eau et l'air !

    A chacun son formatage et son idéologie

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    Sauvageon  (privé) -

    Un oublie... :

    J'adore ce jolie nom de " Phytopharmacie " créé pour cacher de façon hypocrite le nom de " pesticide " qui regroupe tout les herbicides, fongicides, insecticides, et autres nom en "cide" qui fleurent bon la mort !

    La méconnaissance et la désinformation sont les deux mamelles de ceux qui refusent obstinément de regarder la réalité du monde actuel: allez dire à la terre, à ses sols, à sa microfaune qui ont perdu 50 % de leur biodiversité en 40 ans de traitements mortifères qui ont provoqué de la disparition ou la raréfaction de quantité d'espèces animales et végétales de cette fameuse chaine alimentaire qui assure depuis 3 milliards d'années la vie et la continuité de cette vie terrestre . Si formatage, il y a, il vient de gens justement formatés mais aux œillères , à la cécité, au manque de discernement ,ou à l irresponsabilité chronique.

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    Sauvageon  (privé) -

    Pour les bons petits soldats à la solde des empoisonneurs qui pullulent sur les forums pour y apporter leurs miasmes, mensonges et contre-vérités ... :

    Les associations indépendantes de consommateurs testent régulièrement les produits bio et non bio. Le résultat est sans appel, même si parfois, de façon exceptionnelle, des traces de pesticides sont trouvées dans le bio les teneurs et le nombre de produits sont largement moindre que dans le non bio. Pesticides souvent apportés par une contamination accidentelles (ou pas) venant de parcelles voisines en non bio.

    L e bio est effectivement plus cher, cela est dû en partie au fait qu'à production égale l'investissement en temps, en main d’œuvre et compétence, est plus grande que dans l'agriculture dites conventionnelles (conventionnelle que depuis qu'elle à supplanté l'agriculture biologique qui était la règle naguère). Elle est plus pourvoyeuse d'emploi à production égale.
    De plus les aides de l'état Français, puis Européennes, ont depuis toujours favorisé l'agriculture intensive et les grandes exploitations, la taille des exploitations bio étant souvent de moindre importance.

    Ceci dit il est également certains que des acteurs de la filière s'engraissent de façon indue, comme le révèle une enquête de l'association de consommateurs QUE CHOISIR

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    Sauvageon  (privé) -

    Un exemple de ce que sont vraiment ces firmes... :

    Monsanto, multinationale rachetée par Bayer.

    Entreprise qui a été une des principales fournisseuse de "l'agent orange", défoliant utilisé à très grande échelle au Vietnam par les USA. Ce produit, malgré plusieurs décennies, continue d'empoisonner de large zones de ce pays. Chaque années des bébés continuent de naitre avec des malformations.

    Elle a été plusieurs fois impliqué dans des affaires d'empoisonnement et pollution de l'environnement, causant entre autres des dégât sur la santé humaine, notamment aux USA.
    Un reportage édifiant sur le sujet a été produit par la journaliste Marie-Monique ROBIN (à voir absolument).

    Elle est en plus une des firmes leaders des OGM, n'hésitant pas à acculer à la faillite par des procès des agriculteurs qui ont vu leurs récoltes contaminées "accidentellement", les accusant d'utiliser sans droit ses produits OGM.

    Ses activités de lobbying intense se font sentir à tout les échelons de décisions mondiales, courtisant nos élus pour les faire plier à sa volonté. Tout comme l'industrie du tabac naguère elle n'hésite pas à utiliser des arguments spécieux et mensongers pour son intérêt.

  • Ca y est, le lobbying fonctionne à plein ! Nous voilà rassurés ! Demain nous mangerons "sain".

  • de la poudre aux yeux pour nous faire avaler la pilule chimique

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