Négociations climat: Washington, acteur incontournable et inconstant

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 Le président américain Donald Trump, la 4 avril 2017 à Washington DC

Le président américain Donald Trump, la 4 avril 2017 à Washington DC

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AFP, publié le vendredi 19 mai 2017 à 17h03

Deux pas en avant, un pas en arrière, ainsi va la relation des présidents américains au combat climatique, au gré des changements de majorités politiques, relèvent les experts.

Bien avant Donald Trump, d'autres présidents auront freiné, au cours des vingt dernières années, les négociations internationales contre le réchauffement. D'autres, en particulier Barack Obama en 2015, ont permis des avancées spectaculaires.

Tout commence en 1992 au Sommet de la Terre de Rio. Le rendez-vous installe la Convention de l'ONU sur les changements climatiques et lance les négociations en vue d'un accord mondial, qui passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre issues notamment des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon).

Déjà, les Etats-Unis, premier pollueur mondial, résistent à toute idée de restrictions imposées d'"en-haut" pour leurs émissions.

"Le mode de vie américain ne se négocie pas. Point final", déclare le président George H. W. Bush à Rio.

"A cette époque déjà, les intérêts du pétrole se font sentir dans le processus", note Mohamed Adow, responsable climat de l'ONG Christian Aid.

- Kyoto -

Pour le protocole de Kyoto, là encore Washington refuse de se voir imposer des obligations, et estime que les pays en développement doivent assumer une part du fardeau. Les tractations durent jusqu'à ce qu'un accord soit finalement scellé en 1997, satisfaisant les demandes américaines.

Le traité est signé par le vice-président démocrate Al Gore, mais n'a pas le soutien du Sénat.

Le républicain George W. Bush qualifie le texte d'"injuste et inefficace", et en 2001, annonce qu'il ne sera pas ratifié.

Pourquoi? De peur que la Chine et d'autres pays émergents trouvent là un avantage pour exploiter les énergies fossiles, estiment les experts.

Le protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005, engageant 37 pays développés à réduire leurs émissions, mais pas les Etats-Unis. Le retrait américain facilitera plus tard celui du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de la Russie.

- Le plan de Bali -

En 2007, les négociateurs climat se retrouvent à Bali pour leurs négociations annuelles et tenter de remplacer Kyoto.

L'administration Bush de nouveau s'oppose à tout traitement différent entre les pays développés, pollueurs historiques, et les pays en développement. Mais cette fois la délégation américaine est huée.

Finalement, un "plan d'action de Bali" est entériné, visant à l'adoption d'un nouveau traité climat en 2009.

Pourtant la COP Copenhague cette année-là s'achève sur un âpre conflit entre pays du nord et du sud. Les Etats-Unis, soutenus par d'autres Etats, refusent que l'accord soit contraignant. La conférence se termine sans le pacte mondial espéré.

- Paris -

L'accord de Paris, signé en 2015, est finalement un compromis, avec des principes contraignants accompagnés d'engagements nationaux fixés par chaque pays sur la base du volontariat.

La forme très souple du texte et des obligations permet aussi à l'administration Obama de se passer de la ratification d'un Sénat hostile.

Mais c'est justement cette souplesse, et l'absence de sanctions, qui permettraient aujourd'hui à Donald Trump de renoncer aux engagements américains sans répercussions immédiates.

Pour Chai Qimin, du Centre national pour la stratégie climatique, un think tank chinois, le rôle des Etats-Unis fonctionne par cycles, en fonction des résultats électoraux.

Après l'échec de Kyoto, "il a fallu attendre près de 10 ans" avant Paris, relève-t-il. "Allons-nous devoir attendre de nouveau? Peut-être. Et après (Trump), un président pro-climat sera-t-il élu? Peut-être pas".

 
2 commentaires - Négociations climat: Washington, acteur incontournable et inconstant
  • En ce qui concerne le climat, toute la communication "scientifique" délivrée au grand public se fait par l'intermédiaire des rapports du GIEC qui est un diverticule de l'ONU (peu de scientifiques en fait et beaucoup plus de fonctionnaires ou d'associatifs)...Et parmi les dits rapports le "résumé pour les décideurs", seul à être délivré au grand public, doit être approuvé par les chefs de gouvernement qui peuvent donc en extraire toutes les données n'allant pas dans le sens officiel, celui de l'origine anthropique du réchauffement...Cela n'a donc plus rien à voir avec la Science qui, elle, accepte la controverse, se base sur des hypothèses vérifiables, et accepte de remettre en cause une théorie lorsqu'elle n'est plus vérifiée par les faits..science politisée n'est plus la Science..rappelons nous de Lyssenko, biologiste russe, sous l'ère Stalinienne qui remettait en cause les fondements de la génétique au nom de l'idéologie marxiste..L'origine anthropique du réchauffement, s'il existe, étant loin d'être démontrée, il y a vraisemblablement beaucoup d'intérêts autres qu'environnementaux, à défendre cette thèse..

    le GIEC sans scientifiques !!! vous dites n'importe quoi
    quand 99% des scientifiques sont d'accord
    et que 1 % (surement payés par les pétroliers et autres pollueurs ) crient au complot
    on ne peut pas croire ces 1%
    toutes les mesures mondiales montrent 2016 qui bat 2015 qui avait battu 2014 et vous restez sceptique ...
    réveillez vous

    Le GIEC a été créé en novembre 1981, à la demande du G7, par deux organismes de l’ONU : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
    La décision du G7 avait été prise sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, afin d'empêcher une agence de l’ONU, soupçonnée de militantisme écologique, de mettre la main sur l’expertise climatique.
    Le GIEC, c'est 2500 scientifiques (que des scientifiques) de 130 pays de la planète. Arretez votre aveuglement sectaire, votre appel permanent au complot qui vous discréditent.
    Dans notre cas précis du réchauffement climatique d'origine anthropique , c'est la science et elle seule qui l'a démontré et vu les conséquences catastrophiques pour la planète, les politiques par la force des choses sont obligés de mettre en place des décisions .....par cas de force majeure: c'est du bon sens, du pragmatisme, de la logique....termes que vous ignorez!

    A Palombe..Renseignez vous mieux..s'il y a bien 2500 personnes "travaillant" pour le GIEC..il y a tout au plus 400 à 500 scientifiques qui y participent..j'entends par scientifiques les sciences pures et non les économistes par ex..Ils forment le premier groupe de travail qui analyse les données climatiques ...pour le reste..ce sont fonctionnaires et représentants des gouvernements, d'ONG diverses qui n'ont donc pas de compétences spécifiques sur le sujet...Pensez vous vraiment que les petits pays parmi les 130 que vous citez possèdent des scientifiques de haut niveau pouvant participer à ces analyses..,

  • Ce qui me fait plaisir c'est que les climatosceptiques souffriront autant que nous des dérèglements climatiques des décennies à venir !! Et tant mieux car évidemment les climato-populistes pensent que rien n'est de leur faute mais que tout est de la faute des autres !!! Et que rien ne peut leur arriver !!

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