Merkel, "chancelière du climat" de plus en plus décriée

Merkel, "chancelière du climat" de plus en plus décriée

La Chancelière allemande Angela Merkel le 31 octobre 2017 à Wittenberg, dans l'est de l'Allemagne

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AFP, publié le mardi 14 novembre 2017 à 14h28

Longtemps dépeinte en "chancelière du climat", Angela Merkel doit affronter le risque que l'Allemagne manque ses objectifs d'émissions polluantes, mais refuse pour l'heure de préparer l'abandon du charbon ou des moteurs à combustion.

"Angela Merkel ne se distingue pas tant que ça de Donald Trump. Enfin si: au moins, Trump est honnête", déplorait récemment l'hebdomadaire Die Zeit, dans un cinglant réquisitoire contre la dirigeante qualifiée de "comédienne" de la lutte contre le réchauffement.

Mme Merkel a promis samedi de chercher "de nouvelles mesures" pour que l'Allemagne réduise de 40% ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990, comme elle s'y est engagée, alors qu'elle n'affichait que 28% de baisse en 2016.

Mais elle a aussi insisté sur son attachement au "cœur industriel" du pays, affirmant que les défenseurs du climat n'auraient "rien gagné" si "les aciéries, les usines d'aluminium ou les fonderies déménageaient là où les règles environnementales sont moins strictes".

La chancelière n'a, à l'inverse, pas dit un mot des centrales à charbon ou des moteurs à combustion, deux des principaux points de discorde entre son camp conservateur, les Libéraux et les Verts, dans leurs laborieux pourparlers pour accoucher d'un gouvernement.

- Charbon contre nucléaire -

Ce mutisme fait désordre à l'heure de la 23e conférence de l'ONU sur les changements climatiques (COP23), qui se tient à Bonn en Allemagne, et où Mme Merkel s'exprimera mercredi au côté du président français Emmanuel Macron.

En matière climatique, "nous étions les pionniers et sommes maintenant à la traîne", regrette Claudia Kemfert, spécialiste de la politique énergétique au sein de l'institut allemand DIW. Elle réclame, comme nombre d'experts et d'associations, l'abandon progressif du charbon.

Se retrouvant pour une fois dans le camp de Greenpeace, une cinquantaine de grandes entreprises, dont Siemens, Adidas et Deutsche Telekom, viennent elles aussi d'appeler à une programmation "ferme et socialement responsable" de la fermeture des centrales à charbon et à lignite.

Pourtant, ni les conservateurs ni les libéraux ne veulent d'échéance pour renoncer à cette énergie bon marché, qui représente 40% de l'électricité consommée en Allemagne, et les Verts viennent d'abandonner la date de 2030 qu'ils défendaient pendant la campagne.

Historiquement associé à la prospérité allemande, le charbon reste perçu comme incontournable en plein "virage énergétique" décidé en 2011, dans la foulée de Fukushima, et marqué par l'abandon du nucléaire d'ici 2022.

Les énergies renouvelables sont certes montées en puissance, passant en 2016 à 31,7% de la consommation d'électricité allemande, mais elles posent encore des difficultés liées à leur caractère intermittent et leur transport depuis le Nord, balayé par le vent, jusqu'au Sud industriel.

Un abandon rapide du charbon compromettrait "la sécurité de l'approvisionnement", a affirmé mardi Markus Krebber, directeur financier de l'énergéticien RWE, tout en alertant sur le sort des "75.000 employés directs et indirects du secteur de la lignite".

- 'Nuire à tous' -

Autre sujet délicat pour la future coalition allemande: la politique automobile, tiraillée entre le lobby des constructeurs, les 800.000 emplois en jeu en Allemagne, et l'impact environnemental du secteur.

Mme Merkel a longtemps ferraillé à Bruxelles pour limiter les normes environnementales imposées à l'industrie, mais a dû durcir son discours après la révélation du scandale des moteurs diesel truqués il y a deux ans.

Pourtant il n'est toujours pas question, pour la chancelière comme pour une majorité de la classe politique allemande, de programmer la fin des moteurs thermiques, comme l'ont par exemple décidé la Norvège ou la France.

Non seulement les voitures électriques peinent à séduire en Allemagne, mais Berlin soutient aussi que le diesel, qui émet moins de CO2 que les moteurs à essence, reste indispensable pour respecter les objectifs climatiques. 

Désabusés, associations et scientifiques allemands multiplient depuis plusieurs mois les appels à sortir du flou, par exemple en investissant dans les technologies vertes ou en soutenant un prix minimum du carbone pour créer une incitation économique à moins polluer.

"Promettre, reporter, abandonner: c'est la politique habituelle", soupire Hans Joachim Schellnhuber, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur le changement climatique.

Pour lui, la limite des dirigeants allemands est de "ne vouloir blesser personne aujourd'hui, ni l'employé d'une centrale à lignite, ni celui qui assemble des moteurs diesel", au risque de "finir demain par nuire à tout le monde".

 
9 commentaires - Merkel, "chancelière du climat" de plus en plus décriée
  • Comme TOUS les libéraux, Merkel est exclusivement obsédée par les profits de ses industriels.
    C'est pareil pour les migrants : elle ne les a accueillis les bras grands ouverts que parce que son industrie manque de main d’œuvre (si possible bon marché et souple de l'échine).
    Le reste, elle s'en contrefout !

  • Ils voulaient l'arrêt du nucléaire, elle l'a fait. Mais il faut bien compenser, et c'est la centrale à charbon. Quant à la voiture électrique c'est bien à condition de produire de l'électricité: avec du charbon? Plus qu'à leur souhaiter bon vent, pour faire tourner les moulins et que Posche se mette à produire des chars à voile.

  • Normal pour des raisons électoralistes elle a concédé aux verts l’arrêt des centrales nucléaires Allemande. Ces derniers qui ne sont que des doctrinaires sans réelles formation technique ou scientifiques pensaient naïvement qu'ils pourraient s'en sortir avec du photovoltaïque et des éoliennes. Comme tout le monde le sait il y a beaucoup de soleil en Allemagne quant à l'éolien il ne produit de l’électricité que 25 % du temps et pas forcément lorsque l'on en a besoin, comme on ne sait pas stoker cette électricité et qu'il faut bien de l’électricité pour l’industrie et les particuliers il faut bien produire de électricité quant on en a besoin. La solution si ce n'est pas du nucléaire ou de l’hydraulique c'est du thermique. Donc ils auraient dû regarder ce qui se passe au Danemark qui a voulu faire du tout éolien le résultat c'est des centrales thermiques qui produisent la plus grande patie de électricité et une production de CO² la plus importante par habitant de l'UE tout comme ce qui vient d'arriver aux Allemands. Enfin ces centrales thermiques lorsqu’elles sont au charbon ou à la lignite produisent en plus du CO² des micros particules en quantités. Ce qui pollue la France lorsque l'on a des vents d'est pratiquement jusqu'à la Loire. Cela eu un effet d'aubaine pour les verts français pour prétendre que cette pollution provient du diesel. En fait le diesel est pour peu de chose dans ces périodes de pollutions mais les Allemands oui. Donc le modèle écolo Allemand avec les grands donneurs de leçons qu'ils prétendent être devraient retourner à l'école pour apprendre à raisonner correctement. Ils pourraient aussi aller voir Hulot qui a eu plus de jugeote qu'eux et qui face au problème a bien vu que le moyen de produire de l’électricité en polluant le moins possible c'est le nucléaire qui viendrait en appoint des solutions dites renouvelables.

    tres bon commentaire empreint d une grande lucidite.malheureusement nos ecolos qu ils soient francais ou allemands avec leurs doctrines a quatre sous empechent toute recherche et tout devellopement de vraies energies renouvelables et stockables

  • Noraml pour des raisons électoralistes elle a concédé aux verts l’arrêt des centrales nucléaires Allemande. Ces derniers qui ne sont que des doctrinaires sans réelles formation technique ou scientifiques pensaient naïvement qu'ils pourraient s'en sortir avec du photovoltaïque et des éoliennes. Comme tout le monde le sait il y a beaucoup de soleil en Allemagne quant à l'éolien il ne produit de l’électricité que 25 % du temps et pas forcément lorsque l'on en a besoin, comme on ne sait pas stoker cette électricité et qu'il faut bien de l’électricité pour l’industrie et les particuliers il faut bien produire de électricité quant on en a besoin. La solution si ce n'est pas du nucléaire ou de l’hydraulique c'est du thermique. Donc ils auraient dû regarder ce qui se passe au Danemark qui a voulu faire du tout éolien le résultat c'est des centrales thermiques qui produisent la plus grande patie de électricité et une production de CO² la plus importante par habitant de l'UE tout comme ce qui vient d'arriver aux Allemands. Enfin ces centrales thermiques lorsqu’elles sont au charbon ou à la lignite produisent en plus du CO² des micros particules en quantités. Ce qui pollue la France lorsque l'on a des vents d'est pratiquement jusqu'à la Loire. Cela eu un effet d'aubaine pour les verts français pour prétendre que cette pollution provient du diesel. En fait le diesel est pour peu de chose dans ces périodes de pollutions mais les Allemands oui. Donc le modèle écolo Allemand avec les grands donneurs de leçons qu'ils prétendent être devraient retourner à l'école pour apprendre à raisonner correctement. Ils pourraient aussi aller voir Hulot qui a eu plus de jugeote qu'eux et qui face au problème a bien vu que le moyen de produire de l’électricité en polluant le moins possible c'est le nucléaire qui viendrait en appoint des solutions dites renouvelables.

  • et bien maintenant on commence à voir qui est réellement merkel elle ne veut qu'une chose garder à n'importe quel prix le pouvoir

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