Les oiseaux emblématiques de la Bretagne sont en danger

Les oiseaux emblématiques de la Bretagne sont en danger

Des macareux, en Islande (illustration)

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Orange avec AFP, publié le dimanche 08 janvier 2017 à 11h48

Ce sont des espèces emblématiques de la nature sauvage de Bretagne qui sont aujourd'hui sous la menace. Les fous de Bassan et macareux moines, oiseaux emblématiques de la réserve naturelle des Sept-Iles, dans les Côtes-d'Armor, suscitent l'inquiétude car leur population diminue.

La préoccupation est d'autant plus forte pour les macareux de la région qu'ils y constituent la seule colonie de France métropolitaine.

Au début du XXe siècle, la chasse intensive qui a découlé de l'arrivée du chemin de fer a conduit à la création de la première réserve ornithologique grâce à la toute jeune Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui aujourd'hui gère cette réserve nationale. Son dernier recensement effectué pendant l'été 2016 est préoccupant : seuls 130 couples de macareux y ont niché, contre 162 en 2015 et entre 7.000 à 8.000 dans les années 1950. Entre les deux périodes : une dramatique série de marées noires, qui ont "contribué" à la raréfaction progressive de l'espèce.

Ce faible niveau de population, sur le "dernier bastion de l'espèce en France métropolitaine", montre "le degré de vulnérabilité de cette espèce" qui ne se reproduit qu'à raison d'un poussin par couple et par an, souligne Pascal Provost, le conservateur de la réserve. Dans sa liste rouge des espèces menacées de disparition en France, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime que le macareux moine est dorénavant "en danger critique" d'extinction. L'avenir de l'espèce repose surtout sur des paramètres démographiques et sur des facteurs écologiques, notamment l'abondance des ressources alimentaires, note M. Provost. Des études à long terme permettront aussi d'analyser les effets du changement climatique.

Quant à la colonie des fous de Bassan, également unique sur le territoire français, celle-ci se porte mieux, avec près de 21.000 couples l'été dernier. Cependant, l'augmentation constatée dans les années 1980 s'est arrêtée. "On assiste, ces dernières années, à une stabilisation, voire à une régression", assure un directeur de recherches au CNRS, qui travaille au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) de Montpellier. La structure suit l'espèce en équipant certains individus de GPS et de caméras.
Pour les scientifiques, "deux raisons de s'inquiéter" : d'une part, l'état des ressources marines. "On voit chaque année, les fous de Bassan parcourir des distances de plus en plus importantes (jusqu'à 600 km) pour trouver des ressources alimentaires", explique ainsi David Grémillet. Cette tendance est selon lui le signe "que la ressource se raréfie en Manche Ouest", là où se nourrissent ces oiseaux majestueux.

LES DÉCISIONS DE BRUXELLES ONT DES EFFETS... NÉGATIFS

La ressource se tarit également au large des côtes d'Afrique de l'Ouest, là où l'espèce migre après l'été, mais aussi zone de pêche intense, voire illégale. En dépit d'un statut d'espèce protégée, de nombreux oiseaux y sont capturés. "On est très inquiets car cette mortalité affecte les adultes", leur reproduction étant aussi limitée à un poussin par an et par couple.

Les effets néfastes de l'activité humaine se retrouvent également de manière plus surprenante, par... la législation. Plus précisément, la réglementation européenne qui vise à interdire les rejets de poissons non désirés par les pêcheurs. Or, les fous de Bassan se nourrissent en partie derrière les chalutiers.

La survie des deux colonies passe donc par la préservation de la qualité de l'environnement aux Sept-Iles et alentour. Les scientifiques plaident également pour une "reconstitution des stocks" de poissons, nécessaire tant pour les oiseaux que pour les pêcheurs qui souffrent eux aussi de leur raréfaction. "Il faut développer la pêche artisanale côtière et arrêter de subventionner les grosses unités de pêche", exhorte David Grémillet, qui constate toutefois que "c'est manifestement difficile à mettre en place". Le risque, "c'est que la population de macareux s'éteigne localement". Et, pour les fous de Bassan, qu'"elle continue de décroître". Côté juridique, des solutions existent, au premier rang desquelles la création d'aires marines protégées et de réserves halieutiques.
 
26 commentaires - Les oiseaux emblématiques de la Bretagne sont en danger
  • Il est vraiment temps d'agir et de penser écologie, et cela de façon fondamentale, dans tous nos gestes et pensers.Le "ça fait rine, on va tous y passer" est insupportable, irresponsable, et fou.
    Que les personnes qui pensent de cette façon commencent par elles-mêmes, et si elles veulent se suicider, ma foi... qu'elles laissent les autres vivre et tenter d'habiter la terre avec ceux qui ne sont PAS nous-mêmes: les animaux, et qui le me sont, à moi, aussi précieux que l'espèce humaine.

  • C'est justement, ce que l'homme ne comprend pas : c'est la diversité et le foisonnement de toutes les espèces (animales ou végétales) qui assurent la survie de chacune de ces espèces: ce bipède dénué de bon sens et destructeur va bientôt se retrouver seul en effet ......et seul, il n'a toujours pas compris que ses jours étaient comptés. Tant pis pour lui, après tout ,c'est une autre espèce qui évoluera à sa place......mais beaucoup plus "intelligente et sensée).

  • on protège certaines espèces qui pourraient être considérées comme nuisibles, c'est le paradoxe français

  • les oiseaux en general disparaissent d'année en année ,j'habite près d'un parc en centre ville, presque plus de mésange, chardonneret rouge gorge, trop de prédateur; chats, pies, corneilles qui se multiplient !!!

  • "(jusqu'à 600 km) pour trouver des ressources alimentaires"
    "la réglementation européenne qui vise à interdire les rejets de poissons non désirés"
    vous pouvez m'expliquer le justificatif de ces chers( voir très chers)élus européens concernant des choses qu'ils ignorent,comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs
    pauvre Europe faites de gens qui n'ont jamais travaillé de leur vie,sauf peut-être faire du théâtre,pour se préparer à siéger

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