Déchets nucléaires dans la Manche: la plainte de Greenpeace classée sans suite

Déchets nucléaires dans la Manche: la plainte de Greenpeace classée sans suite

Le Centre de stockage de la Manche (CSM), le 29 octobre 2009 à Digulleville (nord-ouest)

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AFP, publié le jeudi 22 juin 2017 à 20h15

La plainte déposée il y a un an par Greenpeace à Cherbourg pour pollution de l'eau contre le plus ancien centre de stockage de déchets nucléaires en France, situé dans le département de la Manche et accusé de fuir, a été classée, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

La plainte a été classée début juin pour "infraction insuffisamment caractérisée", a précisé cette source judiciaire à l'AFP. Le parquet de Cherbourg s'était dessaisi au profit du pôle santé publique du parquet de Paris.

Greenpeace déplore ce classement, rappelant "toute la difficulté de ce type de dossier en enquête préliminaire". "Ce qui est très surprenant, c'est que nous n'avons même pas été auditionnés", s'étonne par ailleurs l'ONG, qui réfléchit à déposer une plainte avec constitution de partie civile.

Près de 930.000 tonnes de déchets, dont 100 kg de plutonium, hautement radioactif, sont stockées à 6 à 8 m sous terre, à Digulleville, au Centre de stockage de la Manche (CSM), qui a reçu des déchets entre 1969 et 1994, dans des conditions beaucoup moins strictes au départ qu'aujourd'hui, selon l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) qui gère le CSM.

Dans sa plainte, Greenpeace dénonçait des fuites de tritium, un radionucléide à base d'hydrogène beaucoup plus fluide que le plutonium, mais nettement moins dangereux.

Pour l'ONG, le CSM fuit toujours. Pour l'Andra et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la présence plus importante qu'ailleurs du tritium sous et dans les environs du CSM n'est due qu'à un accident survenu en 1976 et l'Andra affirme que le CSM est aujourd'hui étanche.

Pour contester cette affirmation, Greenpeace s'appuyait sur un rapport de l'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (Acro) paru en avril 2016. Selon ce laboratoire associatif indépendant, il était courant d'observer le tritium à plus de 100 Bq/l dans le ruisseau Sainte-Hélène, proche du CSM, alors que ce radionucléide est normalement à 1 Bq/l dans les rivières. Dans un des puits de contrôle de la nappe phréatique sous le CSM, le tritium était même à 81.000 Bq/l de moyenne annuelle en 2015, selon l'ONG.

Lors du dépôt de la plainte, le gendarme du nucléaire avait assuré que le CSM respectait la réglementation et que le "tritium globalement décroît dans la nappe".

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé le seuil de potabilité de l'eau à 10.000 Bq/l.

 
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