De Standing Rock à Paris, le combat culturel et écolo de LaDonna Brave Bull

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Egérie sioux de la lutte anti-oléoducs, LaDonna Brave Bull Allard quitte pour la première fois le sol américain, à l'invitation du festival We Love Green, à Paris le 7 juin 2017

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© AFP, JOEL SAGET
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AFP, publié le jeudi 08 juin 2017 à 20h03

"Des Etats américains, des nations tribales soutiennent l'accord sur le climat. Une petite révolte est en cours. C'est important d'être ici à Paris" pour le faire savoir.

Egérie sioux de la lutte anti-oléoducs, LaDonna Brave Bull Allard a quitté pour la première fois le sol américain, à l'invitation du festival parisien We Love Green (où elle interviendra dimanche à 18H00, avec le photographe Benjamin Loyseau).

Cheveux de jais, longs pendants d'oreilles, regard noir, cette femme de 61 ans est devenue en un an une figure de la contestation des grands projets pétroliers.

Au printemps 2016, elle établit sur ses terres, aux confins des deux Dakota, le 1er "camp de résistance" au passage du Dakota Access Pipeline sous la rivière Missouri voisine. Cette conduite doit convoyer sur 1.900 km l'or noir venu du Dakota du nord, gisement majeur de gaz et pétrole de schiste.

Des milliers de manifestants camperont au long des mois aux côtés des Amérindiens de la réserve de Standing Rock, soutenus par la gauche américaine et Hollywood, de Susan Sarandon à Neil Young.

Un tournant pour cette historienne de la culture Lakota (Sioux) qui, jusqu'alors, organisait des visites guidées dans la région.

"Je n'étais pas une activiste", dit-elle. "Je suis d'abord une mère. Je refusais de voir un pipeline passer près de la tombe de mon fils, mort à 34 ans."

Sur les terres de Sitting Bull, elle veut aussi protéger l'eau des risques de fuites de l'oléoduc - que l'exploitant, Energy Transfer Partners, conteste.

A l'automne 2016, les échauffourées se multiplient avec les forces de l'ordre, qui procèdent à des centaines d'arrestations.

L'administration Obama finit par rejeter le tracé. Mais en janvier, Donald Trump relance le projet d'Energy Transfer, dont il possède d'ailleurs des parts, ont révélé des médias.

Le site est évacué, le pipeline de la colère achevé. Le promoteur assure que le pétrole coule depuis le 1er juin. LaDonna Brave Bull Allard dément, parle de fuites lors des tests.

Un recours est déposé devant un tribunal fédéral, dont elle n'escompte pas d'avancée avant l'été.

- A l'unisson avec le monde -

Pour elle, le combat a pris une autre envergure. Pour la première fois elle a fait le voyage à New York, en 2016, aux Nations unies, pour s'allier à d'autres "nations" dans la lutte contre les énergies fossiles.

Depuis des années, les Sioux assistent impuissants aux dérèglements climatiques.

"Nous sommes des autochtones. Nous voyons quand l'hiver change : nos plantes médicinales ont besoin de gel intense. Les oiseaux ne suivent plus les mêmes migrations, des élans descendent du Canada, le débit des rivières est imprévisible..."

Elle déplore la décision de Donald Trump de quitter l'accord de Paris. "Venir ici, à Paris, c'est important. Nous voulons être à l'unisson avec le monde."

Ce qui n'empêche pas Ladonna d'être sévère avec Barack Obama, venu en 2014 à Standing  Rock.

"Je me rappelle avoir pensé combien mon père aurait été fier de le voir chez nous. J'ai cru qu'il nous aiderait. Mais non", dit-elle. "Je pense que c'est politique. Quand vous êtes à Washington, tout ce que vous faites est contrôlé par quelqu'un."

Depuis quelques années, Canada et Etats-Unis connaissent une ruée vers le nouvel or noir (schiste, sables bitumineux) qui met sous pression des terres indiennes. 

Pour Ladonna Brave Bull,  devenue une ardente avocate des énergies vertes, "les colons en ont toujours voulu à nos ressources. D'abord l'or, maintenant le pétrole. Il ne nous reste que l'eau".

Selon elle, le combat passera par la pression sur les banques finançant les énergies fossiles. 

"Je veux que le monde sache que quoi qu'il arrive, nous résisterons", insiste celle qui voit les prophéties commencer à se réaliser, "l'aigle et le condor venir vers moi pour sauver le monde, quand le serpent noir menace la terre". Les mobilisations "ne font que commencer", dit-elle.

Et en attendant, l'historienne se réjouit de l'unité inédite autour de Standing Rock : "Quand le chef Tecumseh (Etoile filante) a appelé à l'aide dans les années 1800, 20% des gens ont répondu. Là, 90% des tribus sont venues."

 
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