COP23 : la hausse des émissions 2017 met les Etats sous pression

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AFP, publié le lundi 13 novembre 2017 à 23h35

Les émissions mondiales de CO2 sont reparties à la hausse en 2017, une mauvaise nouvelle pour le climat et la communauté internationale réunie pour la seconde semaine de négociations climatiques à Bonn.

Après trois années stables, les émissions liées à l'industrie et à la combustion d'énergies fossiles devraient croître de 2% (entre 0,8 et 2,9%) cette année par rapport à 2016 et atteindre un niveau record, soulignent les chercheurs du Global Carbon Project.

Leur étude vient confirmer les sombres conclusions du dernier rapport de l'agence Environnement de l'ONU (Pnue), qui relevait que le monde ne faisait pas assez pour tenir les objectifs de l'accord de Paris visant à garder le réchauffement planétaire sous 2°C, voire 1,5°C.

Pour y arriver, "il faudrait que les émissions atteignent leur +pic+ ces prochaines années puis diminuent rapidement", rappelle une des auteurs, Corinne Le Quéré, de l'université britannique d'East Anglia, pour qui ces résultats sont "une grande déception".

- 'Recul pour le genre humain' -

A l'origine du boom des émissions, la Chine, qui a vu sa production industrielle bondir. Mais pas seulement. Les Etats-Unis (où la consommation du charbon a crû pour la première fois en cinq ans face à la cherté du gaz) et l'UE font moins bien que les années précédentes.

"Cette nouvelle est un recul pour le genre humain", a réagi Amy Luers, directrice de Future Earth, plateforme de recherche soutenant le Global Carbon Project. "Nous devons renverser cette tendance. Ce qui signifie en priorité fournir un accès à une énergie propre aux centaines de millions de personnes encore privées d'électricité".

Illustration d'impacts croissants, le dérèglement menace presque deux fois plus de sites naturels du Patrimoine de l'Unesco qu'il y a trois ans, soit un quart d'entre eux (récifs coralliens, glaciers, forêts...), alerte l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Avec le réchauffement croissant, la Terre se rapproche de "points de bascule" irrémédiables: fonte de calottes polaires, disparition de glaciers... a prévenu un rapport scientifique remis lundi à l'ONU.

A Bonn, les délégués négocient les règles d'application de l'accord de Paris (notamment sur la transparence des actions nationales), qui ne seront pas finalisées avant fin 2018 et la COP24. Ils doivent aussi lancer un "dialogue" d'un an pour préparer la révision des engagements climatiques nationaux, présentés par chaque pays avant la COP21.

"Côté négociations, il y a du progrès", a estimé la responsable climat de l'ONU Patricia Espinosa, à mi-parcours. "Côté action, on voit des signaux positifs, mais nous sommes aussi conscients qu'il y a un fossé à combler. Nous devons agir vite".

Mercredi et jeudi la COP sera plus politique. S'exprimeront notamment l'Allemande Angela Merkel, le Français Emmanuel Macron, les président gabonais Ali Bongo, guinéen et de l'Union africaine Alpha Condé, sénégalais Macky Sall, des Premiers ministres, nombre de ministres de l'Environnement et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Qu'en attendre?

L'"effrayant" bilan des émissions 2017 "montre qu'il faut plus que des discours chaleureux", dit Mohamed Adow, dont l'ONG Christian Aid défend les pays vulnérables. "Le charbon doit être abandonné, les (énergies) renouvelables accélérées".

"Dire qu'on reste dans l'accord de Paris, cela ne suffit pas", insiste Teresa Ribera, de l'Institut des relations internationales (Iddri). "Il faut expliquer comment on change les choses, "notre système électrique, les transports en ville+ etc. Il y a beaucoup d'initiatives locales, mais les dirigeants on ne les entend pas".

- Charbon 'propre' ? -

Des gouverneurs d'Etats américains sont venus présenter à la COP23 leur politique volontariste. Mais selon un rapport, cela ne compensera pas entièrement le désengagement fédéral décidé par Donald Trump.

Lundi soir, des responsables de l'administration Trump étaient à Bonn pour défendre les énergies fossiles, au cours d'une réunion qui a été perturbée par des défenseurs des énergies vertes.

"Il ne fait pas de doute que les énergies fossiles vont continuer à être utilisées", a déclaré George David Banks, assistant du président Trump pour l'énergie, entouré de représentants de l'industrie du charbon et du nucléaire. Mais "il est dans l'intérêt de tous que, lorsque des énergies fossiles sont utilisées, elles soient aussi propres et efficaces que possible", a-t-il ajouté, plusieurs fois interrompu par des militants aux cris de "menteurs!" ou "il n'y a pas de gaz propre!"

Interrogé dimanche sur cette réunion américaine, Frank Bainimarama, Premier ministre de Fidji, président de la COP23, avait accueilli l'initiative fraîchement. "Je ne veux pas me lancer dans un débat avec les Etats-Unis. Mais nous connaissons tous les effets du charbon, de son extraction et bien sûr de sa combustion, sur le climat".

 
25 commentaires - COP23 : la hausse des émissions 2017 met les Etats sous pression
  • Finalement je vais garder mon diesel puisqu'il dégage moins de co2 que les essences. Les pouvoirs publics vont se moquer de nous encore longtemps ?

  • Une étude publiée conjointement par l’Université de Rochester, l’Université de l’Alabama et l’Université de Virginie a déterminé que le réchauffement climatique n’était pas dû aux activités humaines, et que le CO2 n’était pas un polluant.
    Ce rapport a été publié dans l’International Journal of Climatology of the Royal Meteorological Society, l’une des revues de climatologie les plus prestigieuses du monde.
    L’un des auteurs de l’étude, le professeur Fred Singer (Université de Virginie) écrit :
    « le réchauffement climatique auquel nous assistons fait simplement partie d’un cycle naturel de réchauffement et refroidissement que l’on observe dans les stalagmites, dans les glaces et dans les sédiments du fond des mers… et qui a été abondamment documenté dans des revues spécialisées. Le mécanisme qui provoque ce cycle fait encore l’objet de débat ; mais est, très certainement, dû à l’activité solaire.
    Notre recherche démontre que l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère n’a qu’une influence minime sur les changements climatiques. 

    Fred Singer met son nom et son énergie au service des industries les plus destructrices qui soient, et cela depuis des années. Il a même osé mettre en cause les liens pourtant évidents entre tabagisme et cancer. il est devenu depuis une quinzaine d’années le grand négateur du changement climatique d’origine humaine, contre toute évidence scientifique. Ses conclusions n'ont aucune valeur scientifique, malgré son haut niveau. Il a aujourd'hui plus de 90 ans.

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    Sauvageon  (privé) -

    Merci alain92100 pour cette précision bien utile.

    Il est en effet très régulièrement constaté lors d'enquêtes que les "scientifiques" négationnistes du réchauffement climatique sont payés par des puissants et riches lobbys qui en ont tout intérêt.

    Cela me rappel en France ces pontes de l'académie de médecine qui niaient les dégâts (cancers) causés par l'amiante, ou encore tout ces scientifiques qui affirmaient aux USA que fumer n'était pas nocifs pour la santé.
    A chaque fois des liens ont été établi entre ceux-ci et les intérêts des très riches industriels qu'ils défendaient !

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    Sauvageon  (privé) -

    Nier des évidences n'empêchent pas celles-ci d'exister !

  • ceux qui nient le rechauffement climatique n ont pas connu les annees avant 1960 ou la terre avait des saisons . on nous casse les pieds avec nos petites voitures Francaises alors que l on met sur le marche des voitures de plus de 600 cv pour les millionnaires et des gens qui se moquent totalement du climat . pour ces gens la , ils n y a que le fric qui compte . ils ne pensent pas a leurs enfants ou petits-enfants .

    Certes, mais de petites voitures pourries polluent beaucoup plus que de grosses cylindrées...En France, on peut chaque jour croiser des dizaines de véhicules de ce genre souvent plus de 20 ans d'âge...

    personne ne nie le réchauffement climatique, certains disent que c'est du fait de l'homme, d'autres que l'homme n'y est pas pour grand chose (et beaucoup de scientifiques disent cela)

  • avec bientôt huit milliards d'habitants ce n'est pas près de s'arranger.

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