Yémen: RSF dénonce la condamnation à mort d'un journaliste

Yémen: RSF dénonce la condamnation à mort d'un journaliste

Un membre des forces gouvernementales à Mokha, le 9 février 2017

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AFP, publié le vendredi 14 avril 2017 à 17h32

Yémen: RSF dénonce la condamnation à mort d'un journaliste

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé vendredi la récente condamnation à mort d'un journaliste yéménite par un tribunal de la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles chiites Houthis.

Yahya al-Jubaihi, 61 ans, arrêté le 6 septembre, a été condamné mercredi à la peine capitale sous l'accusation d'espionnage au profit d'un pays "ennemi" à la suite de contacts avec l'ambassade d'Arabie saoudite au Yémen. Il s'agit de la première condamnation à mort d'un journaliste au Yémen, note RSF dans un communiqué.

"Cette condamnation à mort par les Houthis crée un précédent dangereux pour les journalistes dans le pays", a déclaré Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l'organisation. "Ce jugement prononcé au terme d'un procès inéquitable est une grave atteinte au droit international. Nous demandons aux responsables Houthis de libérer immédiatement le journaliste", a-t-elle ajouté.

Issus de l'importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du Yémen, les Houthis se sont emparés de Sanaa en septembre 2014 avec l'aide d'unités militaires restées loyales à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

L'Arabie saoudite est intervenue au Yémen en mars 2015 à la tête d'une coalition militaire arabe, pour soutenir le gouvernement reconnu internationalement qui s'est replié à Aden, la deuxième ville du pays située dans le sud. 

Le syndicat des journalistes yéménites a dénoncé jeudi la condamnation "arbitraire" de M. Jubaihi et accusé les rebelles de "viser la liberté de la presse".

Les rebelles yéménites ont été accusés à plusieurs reprises de cibler les journalistes. En décembre, l'un d'eux, Mohammed al-Absi, 35 ans, est mort subitement après avoir publié des informations sur la corruption. Sa famille et des ONG avaient dénoncé un empoisonnement.

Au moins 16 journalistes et collaborateurs de médias sont actuellement détenus par des groupes armés au Yémen, parmi lesquels les Houthis et le groupe jihadiste Al-Qaïda, actif dans le pays, recense RSF. Le Yémen figure à la 170e place sur 180 du classement 2016 de la liberté de la presse établi par RSF.

 
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