Un photographe français détenu en Turquie reçoit une visite de sa mère

Un photographe français détenu en Turquie reçoit une visite de sa mère

Danièle Van de Lanotte, la mère du photojournaliste français Mathias Depardon, détenu depuis un mois en Turquie, parle avec l'AFP, le 8 juin 2017 à Gaziantep, avant de rendre visite à son fils en prison

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AFP, publié le jeudi 08 juin 2017 à 13h44

Le photojournaliste français Mathias Depardon, détenu depuis un mois en Turquie, doit recevoir pour la première fois une visite de sa mère jeudi, a indiqué celle-ci à l'AFP à Gaziantep (sud-est).

Danièle Van de Lanotte est arrivée mercredi soir dans cette ville située près de la frontière avec la Syrie et devait se rendre jeudi à 11h30 GMT au centre de rétention où son fils est détenu et où il a fêté mardi son 37e anniversaire.

"J'ai le coeur serré. Je vais le serrer très fort contre moi", a confié à l'AFP cette élégante retraitée de 66 ans, les yeux brillants. "Le voir, c'est super, mais l'abandonner après, ça va être beaucoup plus dur", a-t-elle dit.

"J'ai ramené des biscuits, des petites terrines (...) On espère que ça ne devra être utilisé que quelques jours", a ajouté Mme Van de Lanotte, accompagnée à Gaziantep du consul-adjoint français à Ankara Christophe Hemmings et du secrétaire général de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) Christophe Deloire.

"Ce que nous demandons très clairement aux autorités turques, c'est la libération immédiate de Mathias Depardon qui n'a rien à faire en détention", a dit M. Deloire à l'AFP. "Ca fait maintenant un mois, un mois de trop".

Installé en Turquie depuis cinq ans, M. Depardon, journaliste indépendant, a été arrêté le 8 mai à Hasankeyf (sud-est), où il réalisait un reportage pour le magazine National Geographic. 

Lui reprochant de travailler sans carte de presse, laquelle est en cours de renouvellement, les autorités ont transféré le journaliste dans un centre d'accueil de migrants à Gaziantep, où il est retenu depuis, malgré une décision d'expulsion émise le 11 mai. 

Les autorités turques soupçonnent par ailleurs le photographe d'avoir fait de la "propagande terroriste" pour avoir publié sur les réseaux sociaux des images prises il y a plusieurs années lors d'un reportage avec des militants kurdes.

M. Depardon a observé une grève de la faim du 21 au 27 mai pour protester contre sa détention, selon RSF.

Le président français Emmanuel Macron a demandé le 3 juin à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan le retour en France "le plus vite possible" de M. Depardon, a indiqué l'Elysée.

Les ONG de défense de la liberté de la presse affirment que les conditions de travail des journalistes en Turquie se sont sensiblement dégradées ces dernières années, notamment depuis le putsch manqué de juillet.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF. 

 
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