Trump attaque une journaliste et déclenche un tollé

Trump attaque une journaliste et déclenche un tollé

Les journalistes Joe Scarborough et Mika Brzezinski à Pasadena (Californie), le 6 janvier 2012

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AFP, publié le jeudi 29 juin 2017 à 23h48

Les réactions se multipliaient jeudi après l'attaque verbale de Donald Trump contre une journaliste de la chaîne MSNBC, dénoncée par de nombreux élus républicains craignant pour le prestige de la fonction présidentielle.

"J'ai entendu dire que +Morning Joe+, une émission qui fait peu d'audience, parle mal de moi (je ne la regarde plus)", a écrit Donald Trump dans un tweet au sujet de la matinale de MSNBC présentée par les journalistes Mika Brzezinski et Joe Scarborough.

"Alors comment se fait-il que la folle Mika au faible QI, avec Joe le psychopathe soient venus à Mar-a-Lago (résidence de Trump en Floride, NDLR) trois nuits d'affilée autour du Nouvel An, et aient insisté pour me rejoindre. Elle saignait abondamment à cause d'une chirurgie esthétique au visage. J'ai dit non!", a poursuivi M. Trump.

Face à cette charge ad hominem, les réactions ont déferlé sur les réseaux sociaux, à commencer par celle de la chaîne MSNBC, pour qui "c'est un triste jour pour l'Amérique quand le président passe son temps à harceler, à mentir et à déverser de mesquines attaques personnelles au lieu de faire son travail".

Au sein même du parti républicain, le sénateur Lindsey Graham, qui a déjà eu des mots très durs pour Donald Trump par le passé, a vivement réagi: "M. le président, votre tweet n'était pas à la hauteur de votre fonction et symbolise ce qui ne va pas dans la politique américaine, ce n'est pas la grandeur de l'Amérique".

"Cela ne me paraît pas être un commentaire approprié", a déclaré pour sa part l'homme fort du Congrès Paul Ryan, chef de file des républicains à la Chambre des représentants.

"Inapproprié. Indigne. Pas présidentiel", a tweeté l'ancien candidat à la primaire républicaine Jeb Bush.

"Le président a été attaqué sans merci sur le plan personnel par des membres de cette émission et je pense qu'il a été clair sur le fait que lorsqu'il est attaqué, il va répondre", a commenté la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders.

Elle a fait valoir que selon une étude, dont elle n'a pas précisé la source, la presque totalité de la couverture des grandes chaînes américaines avait été consacrée à "attaquer le président et à essayer de vendre de fausses histoires sur la Russie" plutôt qu'à évoquer les sujets de fonds.

- "Pas un comportement normal" -

Quelques éditorialistes ont repris cette ligne, mais rares étaient les élus républicains à se risquer au secours de leur président.

"Il faut que cela s'arrête", a exhorté la sénatrice républicaine Susan Collins, "nous avons tous un emploi - les trois branches du gouvernement (de l'État, NDLR) et les médias. Nous n'avons pas à nous entendre, mais nous devons faire preuve de respect et de civilité."

"Voulez-vous que l'on se souvienne de vous pour vos tweets ou vos actes?", a interrogé la sénatrice républicaine Lisa Murkowski.

"Comment le parti républicain fait-il passer son message et travaille-t-il sur son programme quand le président continue à poster des tweets comme celui-là? Celui-là est terrible. Il s'en prend à la personne, il insulte de nouveau une femme. Ce n'est pas bon", a demandé la présentatrice Julie Banderas, de la chaîne Fox News pourtant prisée des conservateurs, à la présidente du parti républicain, Ronna McDaniel.

Fille de Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité du président Jimmy Carter, récemment décédé, Mika Brzezinski avait comparé jeudi la gestion de l'administration Trump à celle d'une entreprise.

"Si quelqu'un venait à NBC (NBC Universal est la maison mère de MSNBC) et prenait le pouvoir, et commençait à tweeter furieusement à propos de l'apparence des gens, à harceler les gens, (...) à mentir tous les jours, à saper ses dirigeants, (...) cette personne serait limogée", avait déclaré la présentatrice. 

"Ce n'est pas un comportement normal. En fait, on s'inquiéterait que cette personne qui dirige l'entreprise ait perdu la raison", avait ajouté Mika Brzezinski.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump donne un tour personnel à ses attaques contre la presse. A l'issue du premier débat télévisé de la campagne des primaires républicaines, début août 2015, l'homme d'affaires avait suggéré que la journaliste Megyn Kelly l'avait injustement traité durant l'émission car elle avait ses règles.

 
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