Les Maltais manifestent leur désir d'unité après le meurtre de la journaliste

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 Rassemblement silencieux de journalistes, le 19 octobre 2017 devant le Parlement maltais de La Valette en hommage à la journaliste et blogueuse anticorruption Daphne Caruana Galizia, assassinée le 16 octobre

Rassemblement silencieux de journalistes, le 19 octobre 2017 devant le Parlement maltais de La Valette en hommage à la journaliste et blogueuse anticorruption Daphne Caruana Galizia, assassinée le 16 octobre

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© AFP, Robin MILLARD
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AFP, publié le dimanche 22 octobre 2017 à 19h28

Des milliers de Maltais sont descendus dans les rues dimanche pour marquer leur désir d'unité après l'assassinat de la journaliste et blogueuse anticorruption Daphne Caruana Galizia, dans un pays marqué par des fractures partisanes ancestrales.

A la fin de la manifestation dans les rues de la capitale La Valette, la présidente de l'archipel Marie-Louise Coleiro Preca a reçu les organisateurs. Ceux-ci devaient lui remettre un texte présentant leurs inquiétudes et leurs demandes. Parmi leurs exigences figurent les démissions du responsable de la police et du procureur général.

"Je demande à la présidente de faire usage de ses pouvoirs pour nous de sortir de cette crise", a lancé l'un d'eux pendant un discours.

"Nous voulons la justice, nous vivons une crise institutionnelle, le pays a peur, Malte est sous la coupe de tyrans qui font ce qu'ils veulent", a-t-il dénoncé. 

"Daphne n'a pas été tuée parce qu'elle mentait. Elle n'a pas été tuée parce qu'elle offensait quelqu'un avec ses mots", a affirmé Manuel Delia, un blogueur. "Ella a été tuée parce qu'elle avait découvert le mal qui a affaibli ce pays où règne la cupidité et où la justice a laissé la place au désir d'argent à tout prix."

Tous issus de la société civile, les organisateurs du rassemblement avaient donné pour consigne de venir avec un drapeau maltais, sans aucun signe d'appartenance politique, et interdit aux élus de prendre la parole.

"Les journalistes ne seront pas réduits au silence", "Nous n'avons pas peur" ou encore "Il y a des escrocs partout", pouvait-on lire sur les pancartes brandies dans le cortège de la City Gate, l'entrée principale de la ville.

"Les autorités ont du sang sur les mains, on ne peut pas continuer à vivre dans un pays comme celui-là. Nous sommes en colère que cela soit arrivé à Daphne mais cela pourrait arriver à n'importe qui", a déclaré à l'AFP Francesca Aquilina, présente parmi les manifestants.

Pour Massimo Abela, il n'y aura pas de justice sans démissions. "Quelqu'un doit assumer la responsabilité de ce qui s'est passé", a-t-il affirmé.

Exceptionnellement ce dimanche, tous les journaux maltais, y compris ceux émanant des partis politiques, devaient publier la même "Une" frappée du slogan : "Le stylo plus fort que la peur".

- Politique polarisée -

Souvent qualifiée de "Wikileaks à elle toute seule", M. Caruana Galizia, 53 ans, avait révélé certains des pans les plus sombres de la politique maltaise.

Le gouvernement assure que tout sera fait pour retrouver auteurs et commanditaires de l'assassinat. Samedi, il a offert une récompense d'un million d'euros pour toute information.

En attendant, fleurs, bougies et messages s'amoncellent devant un autel improvisé en face du palais de justice de La Valette.

"Voir monter la protestation nous fait prendre conscience des combats qui ont été menés pour préserver la démocratie", explique Geraldine Spiteri, une avocate venue rendre hommage à la journaliste assassinée.

"A Malte, les gens politisent tout", ajoute-t-elle, évoquant "une mentalité tribale profondément enracinée".

Depuis longtemps, la vie politique maltaise est polarisée entre les travaillistes (centre gauche) au pouvoir depuis 2013 et les nationalistes (centre droit).

La loyauté au parti est souvent familiale. C'est d'ailleurs au sein même des familles, souvent autour d'un repas, que les militants se rendent pendant les campagnes électorales pour encourager la participation. Et avec ces votes quasi-assurés, la volonté de marquer des points face à l'adversaire prend parfois le pas sur la sauvegarde des institutions.

Dans ce contexte, l'assassinat de Mme Caruana Galizia exacerbe les querelles partisanes.

Le Premier ministre travailliste, Joseph Muscat, dont elle attaquait régulièrement l'entourage proche, a reconnu cette semaine qu'elle était sa "plus grande adversaire". Mais il a rappelé qu'elle s'était récemment attaquée aussi au nouveau leader de droite, Adrian Delia, l'accusant d'avoir un compte offshore à Jersey.

- Fatalisme -

Pour Kurt Sansone, rédacteur en chef de l'édition en ligne du Malta Today, les vieux clivages politiques doivent être dépassés : "La polarisation est un obstacle au nécessaire renforcement de nos institutions. Et cette situation ne date pas d'hier".

Devant l'autel improvisé à la mémoire de Mme Caruana Galizia, des croisiéristes en escale prennent les fleurs en photo, tandis que de vieux Maltais devisent assis sur des bancs et que des plus jeunes consultent leur téléphone.

Sur les forums internet, il flotte un air de fatalisme dans les débats des jeunes Maltais sur l'assassinat et sur l'avenir incertain de leur île. 

"Peu importe jusqu'où les gens sont prêts à aller, rien ne devrait faire taire nos étudiants, qui finalement sont les leaders de demain", lance cependant Robert Napier, président du Conseil des étudiants de l'Université de Malte.

 
12 commentaires - Les Maltais manifestent leur désir d'unité après le meurtre de la journaliste
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    Steppenwolf  (privé) -

    L'UE au lieu de critiquer la Russie ferait mieux de faire le ménage dans son propre camp.
    Et là étrangement on entend rien venir de Bruxelles !.............. et sur ce journal, où sont les habituels commentateurs courroucés toujours prompts, contre la "dictature" qui "assassine" ces "courageux opposants" blogueurs dénonçant la "corruption" du pouvoir ?

  • Faut pas oublier que ces gens là font partie de l'Union Européenne, cela en dit long sur la moralité des dirigeants du moins pour la plupart.

    Les amis de la victime sont conscients qu'ils ont en face d'eux des assassins; deux solutions soit attendre une " justice " aux ordres soit à eux de faire leur Justice. Après tout, à la guerre comme à la guerre.

  • Malte est l'exemple même de l'état qui a profité de la manne européenne.L'an prochain Malte sera la Capitale européenne de la Culture.L'archipel est gangréné par le fric,les mafias,les multinationales.On ne s'en sortira pas avec une démission car tout y est pourri.

  • Entre la corruption, les groupes de pression et le crime organisé, j'ai le sentiment que nos sociétés sont plus ou moins vérolées. Je pense mêmes que les grandes institutions internationales sont elles aussi minées par la corruption, OMS comprise.
    Au final je ne me fais aucune illusion. Je doute que le monde aille dans le bon sens.
    Il y a ceux qui savent et les autres. Je fais partie des autres et je ne crois pas dans ceux qui savent.

  • A quand une police pour l'union EUROPEENNE qui soit indépendante des partis, qui puisse investiguer dans tous les pays de l'union . Et comme l'on est toujours à vouloir prendre exemple sur d'autres contrés ;pourquoi ne pas s'inspirer du FBI ?

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