Les chefs d'oeuvre du roi du pneumatique japonais à l'Orangerie

Les chefs d'oeuvre du roi du pneumatique japonais à l'Orangerie

Le musée de l'Orangerie, dans le jardin des Tuileries, à Paris, le 2 mai 2006

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AFP, publié le mercredi 19 avril 2017 à 11h28

Arts: de nombreux chefs d'oeuvre figurent dans la collection Bridgestone créée par un industriel japonais et exposée au musée de l'Orangerie

Monet, Degas, Manet, Cézanne, Matisse... Tous ces peintres figurent, avec beaucoup d'autres, dans la collection Bridgestone, créée par l'industriel japonais Shojiro Ishibashi et présentée, à travers une sélection de chefs d'oeuvres, au musée de l'Orangerie à Paris. 

Fondateur de la firme de pneumatiques Bridgestone, actuel leader mondial du secteur, Shojiro Ishibashi a commencé à collectionner des oeuvres d'art en 1930 dans un cadre personnel. D'abord des artistes japonais de l'école Yoga, influencée par l'art occidental, particulièrement par l'impressionnisme (Shigeru Aoki, Takeji Fujishima).   

L'industriel va effectuer ensuite, par l'intermédiaire de marchands de Tokyo, des "achats massifs de peintres impressionnistes français", explique Cécile Girardeau, conservateur à l'Orangerie et commissaire de l'exposition (ouverte jusqu'au 21 août). "Son goût pour l'art français est évident, et spécialement les impressionnistes", très prisé des Japonais et toujours très populaire dans ce pays, souligne-t-elle. Mais sa démarche est "aussi symptomatique de l'ouverture du Japon au monde".

Rien ne prédisposait en effet Shojiro Ishibashi à devenir un grand collectionneur. Loin d'appartenir à l'élite sociale du pays, il reprend en 1906 la fabrique familiale de chaussettes japonaises "jikatabi", à Kurume, dans l'île de Kyushu, au sud du Japon, et fait fortune en les équipant d'une semelle en caoutchouc. En 1931, il fonde l'entreprise de pneumatiques Bridgestone, traduction littérale anglaise de son nom de famille ("pont de pierre").  

Très impressionné par plusieurs musées lors de ses voyages en Occident dans les années 50, et notamment par leur situation en centre-ville, comme le Moma, il ouvre son propre musée au deuxième étage du nouveau siège de Bridgestone à Tokyo. La collection ne cesse de s'élargir, avec des oeuvres de Picasso, Mondrian, Paul Klee, Brancusi, De Chirico, pour atteindre aujourd'hui 2.600 pièces.

"Il n'y a pas de ligne directrice qui préside à tous les choix, mais la famille Ishibashi a su trouver des oeuvres marquantes", dit Cécile Girardeau. 

Le fils, et le petit-fils du fondateur, Kanichiro et Hiroshi, ont repris le flambeau en acquérant des oeuvres contemporaines jusqu'à l'abstraction. La collection compte ainsi de nombreuses oeuvres de Zao Wou Ki, dont Kanichiro était proche, et de Kazuo Shiraga, qui peignait avec les pieds ou pendu à une corde, aujourd'hui un des artistes les plus recherchés du marché de l'art.

Au côté de ces peintres, l'exposition de l'Orangerie présente des oeuvres de Jackson Pollock, Hartung, Giacometti ou Soulages. 

Un nouveau musée Bridgestone ouvrira ses portes en 2020 dans le centre de Tokyo avec une surface d'exposition double de celle de son prédécesseur. La fondation Ishibashi a également financé la construction dans la banlieue de Tokyo d'un Centre de recherche sur les arts.  

 
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