Le Mexique, 3e pays le plus dangereux au monde pour la presse

Le Mexique, 3e pays le plus dangereux au monde pour la presse

Manifestation après le meurtre d'un reporter, le 25 mars 2017 à Mexico

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AFP, publié le mardi 16 mai 2017 à 00h06

Presse: le Mexique est le troisième pays le plus dangereux au monde pour la presse, avec plus d'une centaine de professionnels tués depuis 2000

Le Mexique, où un journaliste pigiste de l'AFP, Javier Valdez, a été abattu lundi, est le troisième pays le plus dangereux au monde pour la presse, avec plus d'une centaine de professionnels tués depuis 2000, selon Reporters sans frontières (RSF).

Spécialiste du narcotrafic, M. Valdez, 50 ans, a été tué par balles à Culiacan (nord-ouest), selon une source judiciaire.

Avec ce nouveau meurtre, le bilan des journalistes tués depuis le début d'année dans le pays est porté à cinq, après une année 2016 marquée par le chiffre record de 11 reporters tués et de plus de 400 agressions.

En février, RSF avait souligné que le Mexique occupait la troisième place dans le monde pour le nombre de journalistes tués derrière la Syrie et l'Afghanistan, avec 99 reporters tués entre 2000 et 2016.

Ce chiffre dépasse désormais la centaine, après notamment un mois de mars particulièrement sombre, avec trois journalistes abattus et un autre blessé grièvement.

"La situation dans de très nombreux Etats du Mexique est terrible pour les journalistes, avec de plus en plus d'assassinats par les cartels, parfois par des hommes politiques véreux", avait souligné en février RSF.

Début mai, le Comité pour la protection des Journalistes (CPJ) avait à son tour lancé un cri d'alarme: le gouvernement mexicain "a spectaculairement échoué" à punir les meurtres de journalistes, ce qui a entraîné le pays dans une spirale d'impunité et augmente les risques pour les reporters, estimait alors l'organisation.

Face au manque de sécurité, le quotidien Diario Norte, basé à Ciudad Juarez, a cessé de paraître après le meurtre fin mars de sa journaliste Miroslava Breach.

"Il a fallu enterrer les confrères, les voir quitter le pays mais quand c'est ton tour, tu paniques", racontait à l'AFP en avril le reporter Noé Zavaleta, qui fait partie des centaines de journalistes menacés dans ce pays mais qui a choisi de "continue(r) à travailler" malgré tout.

Correspondant du magazine d'investigation Proceso en remplacement de Regina Martinez, dont le meurtre n'a toujours pas été élucidé, Noé Zavaleta a travaillé avec Ruben Espinosa, photoreporter de renom de 31 ans.

Ce dernier avait fui Veracruz pour trouver refuge dans la capitale, où il a finalement été retrouvé en juillet 2015 dans un appartement au côté de quatre autres cadavres. Tous avaient une balle dans la tête, les mains liées et présentaient des traces de torture. 

Voilà dix ans, dénonce l'ONG Articulo 19, que plus de la moitié des menaces contre les journalistes proviennent de fonctionnaires, ce à quoi s'ajoutent une impunité quasi-totale : 99,75% des cas de reporters tués n'ont pas été élucidés.

 
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